Découvrez le test de >observer_ et son univers cyberpunk

Le test du jeu Observer, édité par Aspyr et développé par Bloober Team, a été réalisé sur PS4.

Découvrez le test de >observer_ et son univers cyberpunk

Observer

Découvrez le test de >observer_ et son univers cyberpunk

Développé par Bloober Team et édité par Aspyr, >observer_ est un jeu narratif horrifique et cyberpunk. Après un Layer of Fear qui a trouvé son public, l’équipe a décidé d’explorer les tréfonds de l’âme humaine, en s’appuyant sur un univers Blade Runneresque, allant même chercher l'acteur Rutger Hauer, qui jouait le rôle de Roy Batty dans ce même classique de la science-fiction. Mais est-ce que les bonnes intentions et les moyens déployés par le studio polonais, seront à la hauteur du résultat ? Voici le test de du jeu Observer sur PlayStation 4, également disponible sur Steam, Xbox One et Nintendo Switch et dans une version intitulée System Redux sur PlayStation 5 et Xbox Series X.

Le titre de Bloober Team propose quelque chose de tout à fait cohérent et saisissant

  • Observer

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L'histoire de Observer

16/20

La narration du jeu >observer_ prend une part importance par rapport au gameplay, et bien entendu, je ne vais pas trop en dire; juste l’introduction, de quoi vous donner le ton général du jeu.
Si vous avez l’habitude de suivre des œuvres de SF cyberpunk, les implants seront l'un des grands progrès technologique de notre futur, pas forcément si éloigné de notre époque. Cette technologie transcende les limites de l’humanité pour conférer aux humains des capacités inaccessibles jusqu’alors.
Mais ce transhumanisme, qui révolutionnaire l'humanité ne va pas sans grands maux. Le Nanophage a été à cet univers ce que la peste noire fut au moyen âge. La grande faucheuse s’en est donné à cœur joie, dévorant la vie de grands nombres d’augmentés.
De fait, le gouvernement polonais s’est changé en une dictature qui n’a rien à envier à ce que George Orwell et ses multiples héritiers ont pu déjà mettre en place. Un peu à la manière de l’excellent jeu Beholder, vous incarnez un agent du gouvernement, les yeux de Cracovie qui inlassablement va susurrer au pouvoir en place, les faits et gestes des habitants.

Observer
Observer

Votre périple démarre dans une voiture délavée par une pluie battante, les néons des buildings dansent en reflet sur le sol, et votre transpondeur capte un message cryptique de votre fils disparu. Suivant ce message, vous allez sillonner les bas-fonds, les hôtels miteux où vivent entasser dans la crasse les loqueteux, les ouvriers avinés et autres personnes sans illusion ni rêve. Au milieu des papiers peints jaunis et de l’odeur de moisissure et d’urine (ça c’est moi qui l’imagine) vos pas vont vous conduire à une série de meurtres étranges.
Vous incarnez Daniel Lazarski. Vous êtes un observer, c'est-à-dire un flic doté de capacité d’augmenté : vision infrarouge, détecteur électronique et surtout, vous allez pouvoir pirater le cerveau humain, pour la gloire de vos missions.
Vous l’aurez compris, le jeu >observer_ nous plonge dans un univers Cyberpunk très glauque, à la frontière de l’horrifique. Mais pas totalement, car le monstre est surtout représenté par l’univers du jeu, avec son transhumanisme qui conduit à la déshumanisation, son pouvoir sécuritaire et ses dérives et la vision fourmilière d’une société sans âme.
Ce qui est surprenant dans ce jeu, c’est l’ambiance technologique rétrofuturiste. Les gens ont des bras cybernétiques avec lesquels ils tapent des messages sur des ordinateurs retro à K7 avec écran cathodique 4/3, ordinateurs aux designs teintés de brun et de beige… ça suinte le vieux de partout, ça grésille, ça sature d’interférences, et en même temps ce sont des technologies très avancées. Une vraie ambiance sale et crédible.

Game System

10/20

Concernant les mécaniques de jeux, elles sont très simples. Les déplacements sont lents, pesants, pour interagir avec les objets il y a une petite manipulation de la manette (on appuie sur le bouton et avec le pad on effectue une rotation pour ouvrir la porte) ce qui donne une légère immersion comme Heavy Rain.
Le passage d’une vision à l’autre s’effectue d’une pression d’un bouton, votre écran est alors saturé de rouge ou de gris. Les éléments avec lesquels vous allez pouvoir interagir vont ressortir visuellement. De fait, on se balade de scène de crime en scène de crime, en changeant de vision et en appuyant sur les objets en surbrillance pour avancer dans l’intrigue.

Observer
Observer

Quelques maigres énigmes, quelques scènes de courses poursuites, beaucoup, beaucoup de marche et d’observation… ça tombe bien, le jeu ne s’appelle pas >observer_ pour rien.
Et c’est là, le gros problème que j’ai avec les jeux interactifs, je trouve que c’est une incohérence artistique. Chaque art a ses propres codes et ses propres figures de style. Le cinéma se distingue du théâtre par la possibilité de guider le regard du spectateur sur tel ou tel détail, et par le montage qui donne un rythme, une musique. Dans le jeu vidéo, les spécificités sont les graphismes et l’interactivité entre le joueur et le média, ce qui peut donner un sens impossible à retranscrire dans d'autres arts (Braid, Fez, Beholder. Vouloir reproduire la réalité n’aide pas à rendre le jeu crédible. Par exemple dans Horizon Zero Dawn, les graphismes photos réalistes des visages donnent un côté très artificiel au personnage, comme les statues de cire du musée Grévin.
Dans >observer_, comme dans tous les jeux narratifs, je n’ai qu’une envie : c’est que les développeurs en fassent un court ou un long métrage. Car l’ambiance de ce jeu et le travail magnifique sur les visuels (j’y viens dans le prochain paragraphe) sont mal mis en valeur, entrecoupés de scènes de recherches qui n’apportent rien ni à l’histoire ni à l’immersion.
Je comprends cela dit, ce qu’on peut trouver dans le gameplay : le fait de se balader dans un univers, de prendre le temps de voir les détails dans les « paysages ». Mais personnellement, je préfèrerais qu’un montage vienne rythmer tout cela et mette en valeur le travail incroyable sur la direction artistique du titre.

Observer
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Graphisme

19/20

Attention ! Dans >observer_, on a affaire à du très beau. Dans le sens le plus noble de beau. Car les textures bavent un peu si on les regarde de trop près, et l’ambiance jaunie, grasse, palpable et infect n’a rien de beau comme on l’entend vulgairement.
Par contre, les trouvailles visuelles ne sont pas simplement là pour faire joli. Elles sont là pour donner du sens. En jouant sur les spécificités qu’offre la technologie : Glitch, labyrinthe et chemin incohérent, jeu de lumière improbable... Cela n’est jamais gratuit et en plus de vous en mettre plein les yeux, de vous surprendre par les « tableaux » originaux que vous allez contempler, les mises en scène ont un sens plus ou moins évident, très métaphorique parfois ou très évidente à d’autres moments.
Un exemple que j’ai trouvé très fort : vous vous déplacez dans un grand open space typique des grosses entreprises, et vous avancez au milieu de silhouettes grises, glitchées, sans visage et aux mouvements erratiques, saccadés. Cette ambiance oppressante symbolise bien sûr la déshumanisation par le grand capitalisme où l’humain est outil et production avant tout autre chose.

Observer
Observer

L'avis de Ptitpim
J'ai réalisé le test de Observer: System Redux en 4K sur Xbox Series X. Grâce au support des nouvelles technologies apportées par les consoles de nouvelle génération, Observer: System Redux retrouve une deuxième vie. Le travail apporté par les équipes de Bloober Team est conséquent, aussi bien au niveau technique qu’artistique, ce qui fait de ce remaster une totale réussite. Découvrez la suite du test d'Observer réalisé sur Xbox Series X en décembre 2020.

Bande son

19/20

Très réussis, comme la direction artistique visuelle. Impossible de parler de ce jeu sans parler de l’acteur qui incarne le héros : Rutger Hauer. Acteur qui a joué Roy Batty dans le supra cultissime Blade Runner, empruntant allègrement et habilement à son modèle de nombreuses idées visuelles et des thématiques abordées. En plus de rendre un hommage appuyé à un pilier du cyberpunk, qui a donné notoriété publique et légitimité à ce genre, le fait de prendre un acteur de la trempe de Rutger Hauer donne du corps et de la profondeur au jeu. Sa voix rauque, lancinante et désabusée va ponctuer et accompagner les phases de jeu.
La musique et les bruitages ne sont pas en reste, étant toujours dans le ton, tantôt vociférants, saturés et agressifs, tantôt nasillards, crispants et angoissants.

Rutger Hauer dans le rôle du détective Daniel Lazarski
Rutger Hauer dans le rôle du détective Daniel Lazarski

L'avis de Ben-J
La bande-son est composée par le polonais Arkadiusz Reikowski, qui a souhaité rendre hommage à l'univers sonore des films comme Akira, Ghost in the Shell et Blade Runner.

ConclusionMon avis concernant Observer sur Sony Playstation 4

14/20

Le titre de Bloober Team propose quelque chose de tout à fait cohérent et saisissant. Si vous passez outre le système d’enquête tout à fait anecdotique, vous pourrez profiter de >observer_ comme une expérience narrative qui s’aventure aux confins d’un cyberpunk sombre à souhait.  Rehausser par une direction artistique irréprochable, vos sens seront bousculés par des formes, des bruits et des tableaux qui, telle la persistance rétinienne, viendront s’imprégner durablement dans votre mémoire de joueur.

En résumé

Les points forts Les points forts de Observer

  • - Le design rétrofuturiste
  • - Les scènes métaphoriques
  • - Les trouvailles visuelles et le doublage

Les points faibles Les points faibles de Observer

  • - Aucune rejouabilité
  • - Une lenteur qui participe à l’ambiance mais qui est aussi frustrante
  • - Le gameplay inutile

La bande annonce du jeu vidéo Observer

Blacknut