Test de Spirited Thief : un jeu de cambriolage tactique réussi

Le test du jeu Spirited Thief, édité par Ishtar Games et développé par Koi Snowman Games, a été réalisé sur PC.

Couverture de l'article : Test de Spirited Thief : un jeu de cambriolage tactique réussi

Ce qu'il faut retenir :

Spirited Thief est un jeu de furtivité tactique sur PC où chaque mission se joue comme un puzzle stratégique. Avec une campagne cohérente, des mécaniques solides et un duo de personnages bien pensé, il privilégie l’intelligence et la précision plutôt que la démesure. Un jeu discret mais captivant pour les amateurs de stratégie et d’infiltration.

✨︎ Généré par l’IA à partir du texte rédigé par XLan

Sommaire

Table des matières

Spirited Thief

Test de Spirited Thief : un jeu de cambriolage tactique réussi

Il existe des éditeurs qui misent sur le bruit. Des explosions. Des dragons. Des trailers où quelqu’un hurle “THIS IS WAR” sur fond de dubstep.
Et puis il y a Ishtar Games, qui semble avoir un faible pour les jeux où l’on réfléchit avant de cliquer. Après avoir développé leur propre succès tactique avec The Last Spell qui vous apprend la définition du mot « pression » à coups de hordes démoniaques, le studio indépendant français a édité un autre projet plus discret, plus feutré, presque poli : Spirited Thief.
Aux commandes côté développement, on trouve Koi Snowman Games. Premier projet. Première infiltration. Premier cambriolage vidéoludique. Et au lieu de faire un jeu qui brille de mille feux, ils ont fait un jeu qui avance dans l’ombre. Pas étonnant pour un jeu de cambriolage, mais dommage pour les joueurs qui n’ont sans doute pas vu passer cette sortie confidentielle. Je vous explique pourquoi, en découvrant le test de Spirited Thief, disponible sur PC via Steam depuis le 19 septembre 2023.

Spirited Thief repose sur une campagne bien construite, des mécaniques solides et une idée centrale exploitée avec sérieux et cohérence

L'histoire et l'univers

Au départ, Spirited Thief pose un cadre presque modeste. Elaj est un voleur compétent, mais pas exactement une légende vivante. Un coup tourne mal, la Guilde des Voleurs grince des dents, et la menace d’exclusion plane. Pas de grande prophétie ni de royaume à sauver dans l’immédiat : il s’agit d’abord de regagner une réputation écornée et de prouver que l’on mérite encore sa place dans un milieu où l’échec ne se pardonne pas facilement.

C’est là que Trin entre en scène. Esprit lié à Elaj, partenaire invisible pour le reste du monde, il n’est pas simplement un outil de gameplay déguisé en personnage. Leur relation donne une tonalité particulière à l’ensemble. Trin observe, commente, tempère parfois l’assurance d’Elaj. Le duo fonctionne sur un équilibre entre ambition et prudence, matérialisé directement dans la structure des missions : l’un voit tout, l’autre agit. 

La campagne avance mission après mission, à travers des contrats de plus en plus sensibles. On commence par des cibles relativement classiques  (manoirs, cryptes, bâtiments sécurisés), puis les enjeux prennent de l’ampleur. Certaines missions suggèrent que les objets convoités ne sont pas de simples trésors matériels. Artefacts, reliques, dispositifs liés à des forces occultes… le monde laisse entendre qu’il existe des couches plus profondes que la simple rivalité entre voleurs.

L’univers est esquissé plutôt que détaillé. Les personnages ont une personnalité, et un effort a été fait sur l’écriture. Malheureusement l’histoire se vie à travers des blocs de dialogues plutôt indigeste et par trop nombreux. L’écriture n’est pas assez fine pour donner envie de tout lire. On a une histoire fonctionnelle qui coche toutes les cases de ce qu’il faut faire, mais on ne la vit pas.

Le gameplay

Dans Spirited Thief, chaque niveau fonctionne comme un puzzle bien calibré. Les cartes sont lisibles, presque rassurantes au premier regard, avec leurs couloirs nets, leurs pièces bien découpées, leurs patrouilles clairement matérialisées. Puis on avance de quelques cases, on ouvre une porte, on jette un œil à travers une fenêtre… et le doute s’installe. Derrière cette clarté apparente se cachent toujours des risques et des récompenses : un garde hors champ qui peut surgir, un angle mort qui dissimule un coffre secondaire, un embranchement qui semble anodin; mais qui conditionne toute la trajectoire d’exfiltration.

Le jeu repose sur une structure en deux temps. D’abord, la reconnaissance avec Trin. Sous forme d’esprit, on traverse les murs, on explore librement, on observe les cycles ennemis sans pression réelle. Cette phase a quelque chose de presque clinique : on dissèque le niveau, on mesure les distances, on compte les tours nécessaires pour traverser une zone. Trin peut marquer jusqu’à trois gardes. Ces cibles marquées restent visibles en permanence pendant la phase d’exécution, même hors de votre champ de vision. Le choix devient stratégique : quels ennemis méritent d’être suivis en continu ? Ceux qui couvrent une zone centrale ? Ceux qui ont une trajectoire imprévisible ? Le marquage est limité, donc précieux.
Car une fois que l’on passe à l’exécution avec Elaj et ses éventuels alliés, l’information redevient une ressource rare. Votre champ de vision se limite strictement à ce que vos personnages peuvent voir. Un garde derrière une porte fermée, au bout d’un couloir ou dissimulé par un obstacle devient une variable inconnue. On sait qu’il existe, mais on ignore ce qu’il fait à l’instant T, sauf s’il a été marqué par Trin. Cette gestion du savoir crée une tension subtile. On avance avec un plan clair en tête, mais chaque angle mort porte une part d’incertitude.

Généralement, au début du level une porte déclenche une alarme, c’est inévitable. Et cela permet de justifier une évolution du gameplay pour vous poussez à agir et à ne pas être trop statique. Plus le temps passe, plus les gardes sont mobiles, imprévisibles, dangereux… et les gardes qui dormaient tranquillement dans le level se réveillent progressivement, augmentant de fait la difficulté du level.

Les ennemis ont toutefois une qualité appréciable : leurs intentions sont visibles. Le jeu indique clairement où ils se déplaceront au tour suivant, ce qui transforme chaque séquence en problème tactique lisible. On calcule les croisements de trajectoire, on synchronise les déplacements de l’équipe, on attend le bon moment pour franchir une ligne de vue. Le hasard n’est pas total, mais les mouvements croisés des gardes génèrent toujours une petite dose d’imprévu qui oblige à rester attentif.

Chaque personnage dispose de deux actions par tour : déplacement, interaction, capacité spéciale. Elaj peut manipuler coffres, portes et leviers, frapper les gardes avec une matraque pour les assommer pendant un tour. Les alliés introduits au fil de la campagne apportent des compétences complémentaires : neutralisations temporaires, manipulations spécifiques du décor, gestion d’objets particuliers. Les environnements regorgent d’éléments interactifs : interrupteurs, clés, coffres secondaires, barrières magiques que Trin peut désactiver pendant la reconnaissance. Regarder à travers une fenêtre ou une porte entrouverte pour anticiper la disposition d’une pièce devient un réflexe. L’architecture sert pleinement le gameplay.

Le jeu accorde trois retours arrière par mission. Une erreur de placement, un timing mal évalué, et il est possible de remonter quelques tours pour corriger. Cette mécanique offre une marge d’apprentissage confortable sans annihiler la tension. Une fois ces trois chances utilisées, la moindre détection renvoie au début du niveau. L’équilibre est bien trouvé : assez de souplesse pour expérimenter, assez de sévérité pour que chaque mouvement conserve du poids.

Graphismes et direction artistique

Visuellement, Spirited Thief adopte un pixel art en vue de dessus qui privilégie la fonctionnalité. Le chara design possède une base intéressante : silhouettes bien différenciées, codes couleur clairs, lecture immédiate des rôles à l’écran. Elaj et Trin sont identifiables au premier coup d’œil, les gardes ont des postures reconnaissables, les éléments interactifs ressortent proprement. Sur le plan purement ergonomique, rien n’est laissé au hasard.

En revanche, on sent un manque de finition. Les animations restent assez rigides, les déplacements manquent de souplesse, les interactions sont parfois abruptes, il n’y a pas d’élément de décor animé (rideaux qui bougent, poussière, petits animaux qui se déplacent dans la nuit...). Cela ne gêne pas la compréhension du jeu, au contraire, mais l’ensemble manque d’un supplément d’âme visuel. On comprend chaque information, chaque cône de vision, chaque obstacle. On ressent moins l’atmosphère d’un cambriolage nocturne chargé de tension.

L’univers, pourtant teinté de magie et d’éléments occultes, aurait gagné à être davantage creusé visuellement. Les artefacts, les environnements, les lieux liés à des forces mystérieuses suggèrent une profondeur qui n’est qu’esquissée. Une identité plus marquée, des détails supplémentaires ou une palette plus audacieuse auraient pu renforcer la personnalité du monde.

Ambiance sonore : OST et effets du jeu

Côté bande-son, la même logique semble s’appliquer. Les musiques accompagnent discrètement l’action sans chercher à la dominer. Ambiances feutrées pendant l’infiltration, légères variations lorsque la tension monte, effets sonores clairs pour signaler une alerte ou une interaction. Rien d’intrusif, rien de particulièrement marquant non plus. Les retours joueurs évoquent rarement la musique comme un élément central de l’expérience, ce qui en dit long : elle remplit son rôle sans laisser d’empreinte durable.

Les effets sonores, en revanche, participent efficacement à la lisibilité : bruit de pas, déclenchement d’un levier, signal d’alarme. Chaque son a une fonction précise. Là encore, la priorité semble avoir été donnée à la compréhension immédiate de la situation plutôt qu’à l’immersion sensorielle.

ConclusionAvis sur Spirited Thief (PC), le verdict du test

15/20

Spirited Thief ne cherche jamais à impressionner par la démesure ou la démonstration technique. Il repose sur une campagne bien construite, des mécaniques solides et une idée centrale exploitée avec sérieux et cohérence.
Rien ici ne tutoie les sommets du genre. Mais tout fonctionne.
Les niveaux sont de véritables puzzles d’horlogerie, exigeants sans être injustes, tendus sans être chaotiques. La gestion de l’information, le marquage limité des gardes, le champ de vision contraint, les intentions ennemies affichées, la montée progressive de la pression… tout s’imbrique avec précision. On planifie, on ajuste, on retente. On peste parfois. Puis on réussit. Et cette réussite a un goût très particulier : celui d’avoir compris mystifié le système de garde.
Ce n’est pas un grand jeu au sens où il redéfinit son genre ou impose une identité visuelle mémorable. Spirited Thiefe est un bon jeu. Un bon jeu intelligent, cohérent, original dans sa structure, suffisamment riche pour captiver les amateurs de stratégie au tour par tour et de furtivité tactique.
Dans un paysage saturé de productions tapageuses, il choisit la discrétion. Et quelque part, pour un jeu qui parle de cambriolage, c’est presque cohérent.

Bande annonce du jeu Spirited Thief

Prix et disponibilité en ligne

Commander en ligne Acheter Spirited Thief

Prix de base 14.99 €