Test Serious Sam: Shatterverse : quand le boomer shooter passe au roguelite coopératif

Résumé Express : Serious Sam: Shatterverse (Le verdict en 1 min)
Pour son grand retour, Serious Sam: Shatterverse tente de moderniser la formule du boomer shooter en la croisant avec le roguelite coopératif jusqu'à cinq joueurs. En exploitant le prétexte d'un multivers détraqué, le jeu propose une montée en puissance gratifiante et un gameplay nerveux qui gagne en intensité au fil des déblocages. Toutefois, malgré un concept prometteur et un mode coopératif efficace, le titre souffre d'un démarrage poussif, d'un manque de démesure par rapport aux épisodes historiques et d'une direction artistique plus générique. Il en résulte un shooter amusant entre amis, mais qui hésite un peu trop entre tradition et modernité.
✨︎ Généré par l'IA à partir du texte rédigé par XLanSommaire

Il fut un temps où Serious Sam n’avait pas besoin de beaucoup d’arguments pour me convaincre. Un désert immense, un arsenal disproportionné, quelques dizaines d’ennemis qui couraient dans ma direction et ce hurlement de kamikaze entendu trois secondes avant l’impact suffisaient largement. Aux côtés de Doom, Quake ou Duke Nukem, la série de Croteam a longtemps incarné cette autre branche du FPS old-school : moins labyrinthique, plus frontal, entièrement tournée vers le mouvement, les hordes et le plaisir immédiat de transformer l’écran en champ de tir.
Pour Serious Sam: Shatterverse, Croteam laisse directement les commandes à Behaviour Interactive, avec Devolver Digital à l’édition. Et plutôt que de simplement reproduire la formule, le studio tente un mélange assez logique sur le papier : Serious Sam rencontre le roguelite coopératif, avec plusieurs versions de Sam, des runs, des bonus, des modificateurs et un multivers servant de gigantesque terrain de jeu. Une manière de moderniser la licence sans abandonner complètement ses racines de boomer shooter.
Reste à savoir si multiplier les Sam, les dimensions et les mécaniques suffit à retrouver ce joyeux chaos qui faisait autrefois toute la personnalité de la série. Découvrez le test de Serious Sam: Shatterverse disponible sur PC, Xbox Series X|S et PlayStation 5 depuis le 31 aout 2026.
Le résultat reste capable de produire de très bonnes parties en coopération, lorsque l’écran se remplit enfin de carnage
Quand Sam Stone croise le Multivers
Comme souvent dans Serious Sam, tout part de Mental, l’envahisseur extraterrestre responsable d’une bonne partie des malheurs de l’humanité et ennemi juré de Sam Stone. Cette fois, les choses prennent une tournure un peu plus cosmique : Uber Mental, une version encore plus dangereuse du bonhomme, commence à foutre en l’air plusieurs réalités à la fois. Pour l’arrêter, Sam va donc devoir naviguer entre différents univers, avec l’aide de NETRICSA, l’intelligence artificielle qui l’accompagne et lui sert à la fois de guide, d’ordinateur de bord et de partenaire de discussion.

Le concept du multivers sert surtout une idée très concrète : justifier qu’il puisse y avoir plusieurs Sam en même temps, puisque Shatterverse est pensé pour être joué en coopération jusqu’à cinq. Et sur ce point, c’est plutôt malin. Plutôt que de faire apparaître cinq clones sans explication, le jeu transforme chaque joueur en variante de Sam venue d’une autre réalité, avec ses propres capacités et sa spécialité. Le principe colle bien à la licence et ouvre énormément de possibilités.

Le problème, c’est que le jeu n’en fait finalement pas grand-chose. On traverse bien plusieurs réalités, les différentes versions de Sam discutent entre elles et quelques situations jouent vaguement avec le concept, mais ça reste très sage pour un scénario basé sur des dimensions parallèles. On est loin d’un Rick et Morty. Avec un tel prétexte, j’attendais presque un joyeux bordel façon TimeSplitters: Future Perfect. TimeSplitters utilisait aussi les voyages temporels et les doubles de son héros pour créer des situations absurdes, mais il le faisait avec un vrai rythme, un humour décapant et des scènes mémorables. L’histoire ne servait pas seulement à m’envoyer vers le niveau suivant.
Ici, elle fait essentiellement ça. Les dialogues apportent quelques sourires, Sam reste fidèle à lui-même et NETRICSA assure le lien entre les missions, mais le scénario donne rarement l’impression d’avoir quelque chose à raconter au-delà de son excellente excuse pour réunir plusieurs Sam. Et comme les mêmes échanges reviennent au fil des runs, certaines répliques finissent rapidement par perdre leur charme. Le multivers était une bonne idée. Il aurait simplement mérité d’être autre chose qu’un habillage pratique autour du mode coop.
Du Boomer Shooter au Roguelite : Carnage sous conditions
Shatterverse reprend la base historique de Serious Sam : courir, strafer, tirer en reculant et gérer des ennemis qui arrivent de partout, puis lui greffe une structure de roguelite. Je traverse des salles et des arènes, j’élimine des vagues, je récupère armes et améliorations, puis j’essaie d’aller toujours plus loin avant de recommencer avec de nouveaux déblocages. Chaque version de Sam possède ses capacités, un ultime et quelques particularités, tandis que dash, grappin, finishers et anomalies viennent enrichir les runs. Le tout se joue seul ou jusqu’à cinq en coopération. On est sur un jeu très similaire à ce que proposais le jeu Abyssus par exemple.

Quand le jeu accélère, je retrouve bien l’ADN de la série. Rester immobile est une très mauvaise idée, les ennemis doivent être éliminés dans le bon ordre et le dash s’intègre parfaitement à cette logique de mouvement permanent. En coop, la formule fonctionne encore mieux : les capacités des différents Sam commencent à se compléter et le chaos collectif sied évidemment très bien à une licence qui n’a jamais vraiment cru au concept de modération.

Le problème vient surtout du démarrage. Shatterverse met beaucoup trop de temps à ouvrir son arsenal et ses systèmes. Les premières heures offrent peu d’armes, peu de possibilités de builds et beaucoup d’améliorations franchement timides : quelques pourcentages de dégâts, de vitesse ou de recharge. Dans un roguelite, j’attends plutôt que mes choix transforment progressivement mon personnage en anomalie statistique incontrôlable. Ici, il faut patienter avant que les combinaisons deviennent réellement intéressantes.
Heureusement, ça finit par arriver. En débloquant davantage de trinkets, d’armes, de capacités et d’anomalies, les runs gagnent nettement en variété et certaines synergies commencent enfin à modifier ma façon de jouer. Shatterverse devient alors beaucoup plus convaincant qu’il ne l’est dans ses premières heures.
La structure reste cependant très répétitive : couloir, arène, vague, récompense, puis on recommence. Les environnements changent, mais les situations beaucoup moins, et surtout la démesure typique de Serious Sam n’est pas toujours au rendez-vous. J’ai connu la série plus généreuse en hordes absurdes et en murs d’ennemis couvrant l’horizon. Ici, les vagues sont souvent plus contenues et séparées par des temps morts qui cassent un peu l’élan.
Le gunplay suit la même courbe. Certaines armes finissent par être réellement intéressantes, d’autres manquent de poids, particulièrement au début. Les boss sont également inégaux : quelques-uns proposent de vrais patterns et plusieurs phases, tandis que d’autres reposent surtout sur une grosse barre de vie. À cela s’ajoutent quelques soucis techniques, ennemis coincés, comportements étranges ou problèmes en coopération, qui donnent encore parfois l’impression que le multivers n’a pas complètement fini son contrôle qualité.
Direction artistique : Un virage cartoon plus générique
Visuellement, Shatterverse abandonne en bonne partie le réalisme crasseux des épisodes récents pour revenir vers quelque chose de plus coloré, plus lisible et beaucoup plus arcade. Égypte, décors glacés, zones extraterrestres et réalités plus abstraites permettent au jeu de changer régulièrement d’ambiance, tandis que les ennemis historiques de la série assurent immédiatement le service après-vente nostalgique. Voir débarquer certaines vieilles connaissances produit toujours son petit effet.
Ce choix fonctionne surtout pendant les affrontements. Malgré les projectiles, les explosions et les effets qui envahissent l’écran, je distingue correctement les ennemis et leurs attaques. Dans un FPS aussi mobile, c’est essentiel.

En revanche, la direction artistique manque parfois de personnalité. Gros volumes, couleurs saturées, formes légèrement cartoon : le résultat est propre, mais il se rapproche beaucoup de cette esthétique devenue très courante dans les shooters récents depuis Fortnite et Overwatch. Serious Sam a toujours eu une identité visuelle excessive et un peu grotesque ; ici, elle paraît parfois diluée dans quelque chose de plus générique.
La technique ne vient pas spécialement sauver l’ensemble. Les textures restent souvent simples, les animations fonctionnelles et plusieurs environnements paraissent surtout conçus comme des espaces de combat avant d’être de véritables lieux. L’Unreal Engine 5 est bien là, mais le résultat n’a rien d’une démonstration technologique.
Et c’est là que les performances deviennent un peu plus difficiles à pardonner. Lorsque le framerate décide de tousser devant des décors relativement sobres, j’ai forcément envie de demander où sont passés les milliards de polygones responsables du drame.
Guitare saturée et punchlines répétitives
Sur le plan sonore, Shatterverse reste fidèle à la philosophie générale de la série : guitares, électro, percussions agressives et suffisamment de bruit pour accompagner correctement les vagues d’ennemis. La musique sait monter lorsque l’action s’intensifie et les armes disposent de signatures suffisamment distinctes pour rester lisibles au milieu du chaos.

Le problème est que la bande originale remplit surtout son travail. Elle pousse l’action, elle accélère lorsque ça chauffe, mais elle laisse assez peu de traces une fois la partie terminée. Serious Sam n’a jamais eu besoin d’un orchestre symphonique de 120 musiciens, mais certains épisodes possédaient des thèmes capables de participer réellement à la montée en puissance. Ici, je retiens davantage les explosions que ce qui se passe derrière.
Le sound design des armes souffre d’ailleurs du même problème que le gunfeel : quand une arme fonctionne, son bruit accompagne très bien l’impact. Quand elle manque de coffre, l’audio ne suffit pas toujours à donner cette sensation de puissance que j’attends d’un shooter aussi frontal.
Et puis il y a les voix. Sam reste Sam, avec son sarcasme et ses commentaires idiots au milieu du carnage. Le souci, c’est qu’un roguelite implique de rejouer les mêmes situations encore et encore. Une réplique amusante lors de la première run l’est beaucoup moins à la sixième. À force, les dialogues finissent surtout par rappeler que même dans un multivers, personne n’a pensé à installer un bouton « silence » sur NETRICSA.
Avis sur Serious Sam: Shatterverse (PC), le verdict du test
Serious Sam: Shatterverse n’est pas une mauvaise idée. C’est même probablement ce qui le rend parfois aussi frustrant. Transformer la formule de Serious Sam en roguelite coopératif avait du sens : la répétition naturelle des affrontements, la montée en puissance, les armes absurdes et les hordes semblaient presque faites pour ça. Le multivers permet même d’intégrer intelligemment plusieurs Sam en coopération sans simplement demander au joueur d’accepter que cinq clones du même bonhomme courent côte à côte.
Mais Shatterverse hésite constamment entre conserver l’identité de la série et adopter les habitudes du roguelite moderne. Il ralentit une formule historiquement immédiate avec des déblocages, transforme parfois la folie en progression statistique et remplace les invasions démesurées par une succession plus sage d’arènes.
Le résultat reste néanmoins capable de produire de très bonnes parties, particulièrement en coopération, lorsque les builds commencent à fonctionner et que l’écran se remplit enfin suffisamment pour retrouver ce vieux réflexe consistant à courir en arrière en tirant sur tout ce qui bouge. Il manque simplement à l’ensemble davantage d’excès, de variété et surtout cette volonté de pousser son concept jusqu’au bout.
Pour terminer, voici un résumé rapide de ses principaux atouts et de ses défauts.
Les points forts de Serious Sam: Shatterverse
- Une intégration intéressante du multivers pour justifier la coopération jusqu'à 5 joueurs sans clones.
- Un gameplay nerveux et plaisant quand les synergies et les builds commencent enfin à tourner.
- Très efficace en coop, avec des capacités complémentaires qui créent un joyeux chaos.
- Une bonne lisibilité de l'action, malgré le déluge d'effets et de projectiles à l'écran.
Les points faibles de Serious Sam: Shatterverse
- Un démarrage très lent avec des déblocages et des bonus de pourcentage peu enthousiasmants au début.
- Un manque de démesure globale (arènes plus sages, moins de hordes gigantesques sur l'horizon).
- Une direction artistique cartoon assez générique qui perd l'identité visuelle de la série.
- Une structure répétitive et des dialogues récurrents qui finissent par lasser au fil des runs.
- Des performances perfectibles au vu du rendu technique.
Bande annonce du jeu Serious Sam: Shatterverse
Prix et disponibilité en ligne
PC 19.99€
PlayStation 19.99€
Xbox 19.99€FAQ : Tout savoir sur Serious Sam: Shatterverse
Quel est le genre de Serious Sam: Shatterverse et son classement PEGI ?
Serious Sam: Shatterverse est un jeu de type FPS. Il est classé PEGI 16. Contenus sensibles : Grossièreté de langage, Violence.
