Test Heave Ho 2 : la coopération à bout de bras (et de pets)

Résumé Express : Heave Ho 2 (Le verdict en 1 min)
Heave Ho 2 reprend la formule géniale de son aîné en y injectant une dose massive de variété et, surtout, un mode en ligne indispensable. Privés de jambes, les joueurs doivent collaborer à la seule force de leurs bras extensibles à travers des niveaux plus interactifs que jamais (allant de la préparation de burgers spatiaux à la fuite face à des singes en colère). Si le mode compétitif s'avère anecdotique et frustrant, l'aventure coopérative reste un modèle absolu de fun immédiat et de design idiot. Un titre hilarant à consommer sans modération avec des amis branchés sur Discord, prêts à tester les limites de leur coordination... et de leur patience.
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En 2019, Le Cartel Studio avait démontré qu’il était possible de fabriquer un excellent jeu de plateforme coopératif en retirant aux personnages l’outil généralement considéré comme essentiel pour sauter d'un mur à l'autre : les jambes. Quelques années plus tard, le studio français remet les mains à la pâte, uniquement les mains évidemment, avec Heave Ho 2, toujours édité par Devolver Digital.
Le principe n’a pas beaucoup changé. Quatre grosses têtes munies de bras extensibles doivent s’agripper aux décors, former des chaînes humaines et atteindre la sortie sans que personne ne relâche la mauvaise gâchette. Une mission apparemment simple, jusqu’au moment où l'on découvre que nos partenaires de jeu ne savent pas distinguer leur gauche de leur droite, et que l'on n'est soi-même pas beaucoup mieux équipé intellectuellement. Il ne reste donc plus qu’à déterminer si Heave Ho 2 parvient à faire mieux que son prédécesseur, ou s’il se contente de gesticuler dans le vide en espérant attraper quelque chose. Découvrez notre test de Heave Ho 2, disponible sur PC, Nintendo Switch et Nintendo Switch 2 depuis le 16 juillet 2026.
Heave Ho 2 prouve que l'humanité a inventé la pénicilline et envoyé des sondes dans l'espace pour finalement utiliser une flatulence comme système de propulsion.
💪 Heave Ho... Il va falloir se serrer les coudes pour avancer
Heave Ho est un party game coopératif qui brille par son fun immédiat. Le principe : se balancer avec ses bras de plateforme en plateforme pour atteindre la sortie, en coopération. Accessible, fluide et porté par un level design malin, Heave Ho mise sur la communication et les fous rires entre amis. Un excellent party game à plusieurs, mais peu intéressant en solo.
Le pari fou : avancer sans jambes
Dans Heave Ho 2, on incarne une simple tête flanquée de deux bras. Pas de jambes, pas de torse et visiblement aucun syndicat pour défendre les conditions de travail de notre avatar. Pour un jeu de plateforme, amputer ses héros de leurs membres inférieurs ressemble au résultat d’un pari stupide lancé à trois heures du matin entre deux développeurs et un poulpe alcoolisé. Pourtant, contre toute attente, la formule fonctionne à merveille.

Évidemment, le scénario brille par son absence, mais personne ne réclame une fresque dramatique sur les origines d’une boule de chair qui se déplace en s’agrippant aux murs. On traverse donc différents mondes sans jamais chercher à comprendre pourquoi il faut préparer un hamburger dans l’espace ou transporter des reliques en compagnie d’un homme déguisé en saucisse. Après tout, certaines questions ne rendent pas plus heureux lorsqu’on leur trouve une réponse.
L'avis de Kirilis
Un petit jeu fort sympathique qui procure du fun avec peu de boutons. Il est toujours agréable de jouer à un jeu simple mais au gameplay travaillé, qui ne cherche pas la complexité de compréhension pour donner du challenge. Le jeu se comprend en 10 secondes, et la progression vient vraiment de l'expérience du joueur. Et malgré des mécaniques simples, le jeu sait se renouveler à travers des concepts de niveaux variés. Par contre, le mode challenge est nul.
L'art délicat de la chaîne humaine (et de la flatulence)
Le principe de Heave Ho 2 tient dans les deux gâchettes de la manette. L’une contrôle notre main gauche, l’autre notre main droite. Avec le stick, on dirige nos bras pour attraper les parois, les objets ou nos partenaires, puis on se balance avant de lâcher prise pour essayer de saisir la prise suivante. En théorie, on progresse ainsi jusqu’à la sortie. En pratique, on confond ses mains, on attrape le visage d’un ami et l'on finit par s'écraser lamentablement après avoir passé trois minutes à élaborer une stratégie pourtant infaillible.


La prise en main est immédiate, mais la maîtrise l’est beaucoup moins. Alterner correctement les prises demande déjà un peu de concentration. Le faire avec trois autres personnes accrochées les unes aux autres transforme rapidement le groupe en un gigantesque mikado humain dans lequel chaque bâton hurle sur Discord.

La coopération fonctionne particulièrement bien parce que tout le monde doit participer. On peut former une chaîne avec ses partenaires, retenir celui qui vient de manquer une plateforme ou se sacrifier pour permettre aux autres d’atteindre la ligne d'arrivée. On peut également relâcher accidentellement la mauvaise gâchette et envoyer toute l’équipe dans le vide... une éventualité qui s’avère, statistiquement, la plus fréquente.

Heave Ho 2 ne se contente heureusement pas d’enchaîner les parcours de plateformes. Les différents mondes introduisent régulièrement de nouvelles missions, de nouveaux objets et de nouvelles manières de provoquer une catastrophe collective. Dans la cuisine, par exemple, on doit composer des plats en manipulant les ingrédients à bout de bras. Cela ressemble à Overcooked, mais dans une version où les cuisiniers auraient perdu leurs jambes, leur dignité et toute notion élémentaire d’hygiène. Transporter un steak devient une opération militaire. Poser correctement une tranche de fromage nécessite trois réunions de crise et le sacrifice d’un collègue.


D’autres niveaux demandent de déplacer des reliques, d’actionner des mécanismes ou de contrôler des véhicules. La gravité peut changer, des lasers barrent le passage et certains objets doivent être manipulés collectivement. Il ne suffit donc pas toujours de rejoindre la sortie. Il faut comprendre ce que le jeu attend de nous, puis trouver comment le réaliser avec un personnage dont le principal moyen de locomotion consiste à se jeter contre les murs.

Des PNJ (ni vraiment méchants ni gentils, mais à peu près aussi développés intellectuellement qu’un Lapin Crétin) interviennent également dans les niveaux. Certains nous tirent dessus, tandis que des singes viennent nous agresser. Ces éléments apportent de la vie aux parcours et évitent que la progression ne se limite à une succession de plateformes immobiles.

Plusieurs petits ajouts améliorent aussi considérablement la communication. On peut notamment faire apparaître une flèche à l’écran et la déplacer pour désigner une plateforme, un objet ou l’endroit précis où notre partenaire vient encore de comprendre l’exact contraire de ce qu'on lui expliquait. C’est simple, mais salvateur.
Le jeu introduit également différentes capacités, dont une forme de double saut déclenchée en pétant. L’humanité a construit des cathédrales, envoyé des sondes dans l’espace et inventé la pénicilline pour finalement arriver à ce moment précis : utiliser une flatulence comme système de propulsion.

L’ajout du jeu en ligne constitue un véritable progrès par rapport au premier épisode. On peut enfin jouer avec ses amis sans devoir réunir quatre personnes autour du même écran. Il reste cependant indispensable de jouer avec des gens que l'on connaît et de communiquer de vive voix. Sans discussion, sans accusations injustifiées et sans quelqu’un pour crier "ne lâche surtout pas la main droite !", une grande partie du plaisir s'évapore.

À plusieurs, Heave Ho 2 est une formidable machine à fabriquer des éclats de rire. Les échecs sont rarement vécus comme des défaites, car voir quatre personnages tomber dans le vide après une manœuvre soigneusement préparée reste souvent plus amusant que de réussir du premier coup. Le jeu comprend parfaitement que la coopération n’est pas seulement une manière de progresser : c’est aussi une méthode très efficace pour découvrir lequel de ses amis est incapable de distinguer sa gauche de sa droite.

Le mode compétitif est, en revanche, un véritable échec. Les parties s’enchaînent rapidement, mais les victoires paraissent souvent aléatoires. La maniabilité volontairement flottante, si parfaite pour la coopération chaotique, fonctionne beaucoup moins bien lorsqu’il faut déterminer avec précision qui a été le meilleur. On peut gagner parce que l'on a correctement maîtrisé son personnage, mais aussi parce qu’un adversaire s'est accroché à son propre bras, qu’un autre est tombé tout seul et que le quatrième a été projeté par une interaction physique difficilement lisible. Un mode compétitif plus proche de Frog Climbers, avec des épreuves pensées autour de la maîtrise des mouvements et de l’affrontement direct, aurait été bien plus pertinent. En l'état, on a surtout l’impression d’assister à une tombola organisée dans une machine à laver.

Le cœur d’Heave Ho 2 reste donc la coopération. C’est là que sa physique imprécise devient une force, que ses morts absurdes se transforment en souvenirs mémorables et que ses commandes volontairement limitées produisent une quantité presque inépuisable de situations rocambolesques.
L'avis de Këas
En conservant le gameplay simple mais terriblement efficace du premier opus, Heave Ho 2 réussit à renouveler son expérience grâce à un level design repensé et des niveaux qui apportent de nouvelles situations aussi amusantes qu'imprévisibles. Le jeu reste fidèle à ce qui faisait le charme de son prédécesseur : fluide, accessible et toujours aussi bordélique, Heave Ho 2 ne cherche pas à faire plus que nécessaire, mais il excelle précisément dans ce qu'on attend de lui. Le mode challenge manque cependant d'intérêt comparé au reste du jeu.
Une joyeuse boîte de spaghettis géométriques
Visuellement, Heave Ho 2 adopte une direction artistique qui semble avoir été dessinée par quelqu’un ayant reçu pour consigne de représenter l’être humain sans utiliser plus de quatre formes géométriques.
Les personnages se résument à de grosses têtes colorées flanquées de deux bras extensibles. Customisables à l'envi grâce à une foule d'accessoires, de costumes et de couvre-chefs, ils se métamorphosent rapidement en cow-boys, en chevaliers ou en icônes bien connues de la scène indépendante. On retrouve ainsi de nombreux invités de marque parfaitement modélisés, comme le héros d'Enter the Gungeon ou encore Dave the Diver (ce traître qui, chez nous, passe son temps à chiper le poulet sur la table du cuisinier). Ces caméos, très nombreux et bien intégrés, permettent à chaque joueur de se repérer facilement au milieu de la mêlée.

Cette simplicité esthétique sert admirablement le concept du jeu. Les animations délicieusement molles, les bras qui s’étirent à l’infini et les corps qui s’entrelacent donnent constamment l’impression d’observer une boîte de spaghettis tenter collectivement de franchir un parcours du combattant.
Pourtant, et malgré le chaos ambiant, le level design reste d’une clarté remarquable. Les plateformes cruciales se détachent parfaitement de l'arrière-plan, les objets interactifs sautent aux yeux et les dangers sont immédiatement identifiables. Même lorsque quatre joueurs s’agglutinent au même endroit, cernés par les obstacles et harcelés par un singe en colère, on parvient toujours à repérer notre tête et au moins l’un de nos deux bras. Si le second appartient finalement au voisin, c’est un problème de coordination humaine, pas de lisibilité graphique.

Les différents univers possèdent par ailleurs une identité visuelle bien marquée. De la cuisine à l’espace, en passant par la montagne ou les châteaux médiévaux, le jeu ne se contente pas de modifier sa palette de couleurs : il introduit de vrais éléments de décor thématiques, des objets dédiés et des mécaniques propres à chaque environnement.
Bref, Heave Ho 2 ne cherche jamais à briller par sa technique pure. Il préfère rester lisible, coloré et profondément idiot. Un parti pris parfaitement cohérent pour un titre où une bille coiffée d’un chapeau haut de forme peut traverser l'écran par la seule force de ses flatulences.
Bruits de vent et cris sur Discord
La bande-son de Heave Ho 2 s’avère particulièrement bien équilibrée. Les compositions accompagnent intelligemment les différents mondes sans jamais tenter de s’installer de force dans nos têtes ou de couvrir nos discussions.
Un parti pris crucial pour un titre exigeant une coordination orale constante. Il faut en effet pouvoir entendre ses partenaires hurler leur stratégie, annoncer quelle main ils s’apprêtent à lâcher, ou commencer à paniquer en réalisant que personne ne s’accroche réellement à la plateforme. Les thèmes musicaux savent ainsi rester en retrait durant les parties. Ils posent une ambiance agréable sans pour autant transformer chaque parcours en concert symphonique pour quatre têtes suspendues à un tuyau.


Le sound design, en revanche, se montre nettement plus démonstratif. Le claquement des mains qui s’agrippent, le cliquetis des mécanismes qui s'activent, les chutes vertigineuses et les grognements d'effort fournissent de précieuses indications en temps réel sur le chaos en cours. De plus, les personnages disposent d'un large éventail de vocalises absurdes qui renforcent leur irrésistible personnalité.
Ces bruitages participent pleinement à l’humour ambiant, tout particulièrement lorsqu’un cobaye s’écrase au sol, se fait catapulter à l'autre bout de l'écran ou active son fameux système de propulsion intestinal. Le tout reste d'une excellente lisibilité, escortant l’action sans jamais ajouter de confusion à un bazar visuel déjà bien complet.
Avis sur Heave Ho 2 (PC), le verdict du test
Heave Ho 2 reprend une formule déjà particulièrement efficace et l’enrichit exactement là où elle en avait besoin. Les parcours sont plus variés, les environnements proposent de véritables missions et l’arrivée d’objets, de véhicules, de PNJ et de nouvelles capacités empêche l’aventure de se résumer à une longue succession de murs auxquels s’accrocher.
L’ajout du jeu en ligne représente surtout une évolution majeure. Avec des amis réunis sur Discord, le titre devient une formidable machine à produire des stratégies inutiles, des accusations mensongères et des souvenirs fabriqués à partir de quatre personnes tombant simultanément dans un trou.
Lisible malgré son chaos permanent, drôle sans avoir besoin de raconter quoi que ce soit et suffisamment varié pour renouveler régulièrement ses situations, Heave Ho 2 réussit presque tout ce qu’il entreprend. Il prouve surtout qu’un jeu de plateforme peut parfaitement fonctionner sans jambes, à condition de lui donner de bonnes idées, deux bras et plusieurs amis prêts à sacrifier leur dignité.
Pour terminer, voici un résumé rapide de ses principaux atouts et de ses défauts.
Les points forts de Heave Ho 2
- Un multijoueur en ligne enfin disponible
- Des situations renouvelées grâce à des missions variées
- Une lisibilité exemplaire
- Des fous rires garantis.
Les points faibles de Heave Ho 2
- Un mode compétitif raté qui ressemble à une loterie et l'obligation d'y jouer vocalement avec des amis sous peine de perdre tout le sel du jeu
Bande annonce du jeu Heave Ho 2
Prix et disponibilité en ligne
PC 9.99€
Switch 9.99€FAQ : Tout savoir sur Heave Ho 2
Quel est le genre de Heave Ho 2 et son classement PEGI ?
Heave Ho 2 est un jeu de type Party Game. Il est classé PEGI 3.
Qui a fait le jeu Heave Ho 2 et quand est-il sorti ?
Heave Ho 2 a été développé par le studio Le Cartel Studio et édité par Devolver Digital. Le jeu est disponible officiellement depuis le jeudi 16 juillet 2026.
