Test Dark Scrolls : Une course contre la montre (et contre les coins de mur)

Résumé Express : Dark Scrolls (Le verdict en 1 min)
Édité par Devolver Digital, Dark Scrolls est un jeu d'action/plateforme rétro en pixel art avec une mécanique de scrolling horizontal automatique et une structure roguelite. Si le titre séduit immédiatement par son énergie arcade, son humour absurde et son casting de héros haut en couleur, il se prend les pieds dans le tapis sur la longueur.
La faute à un système d'évolution frustrant, un défilement autoritaire rigide et des collisions imprécises. Enfin, son mode coopération s'avère aussi drôle que profondément punitif... Une curiosité rétro sympathique à picorer, mais qui s'épuise un peu trop vite.
Sommaire

Après Gato Roboto, Demon Throttle et Gunbrella, le studio Doinksoft revient avec Dark Scrolls, un jeu d'action rétro où des aventuriers hauts en couleur massacrent des monstres pendant qu'un écran décidé à avancer tente, lui aussi, de les tuer. Une idée simple, saine, et probablement validée lors d'une réunion où personne n'a prononcé les mots « expérience contemplative ».
À l'édition, on retrouve Devolver Digital, qui continue d'occuper la place du « cousin légèrement inquiétant mais qu'on apprécie justement parce qu'il est un peu inquiétant » de la scène indépendante. L'éditeur s'est spécialisé dans les jeux à forte personnalité, bâtis sur des concepts parfois improbables mais suffisamment assumés pour ne pas ressembler à la quarante-septième production indé fabriquée en suivant la tendance du moment. Avec Devolver, on ne sait jamais exactement ce qui nous attend, mais il y a généralement du pixel, du sang, une excellente bande-annonce et, surtout, une idée originale.
Sur le papier, Dark Scrolls coche donc presque toutes les cases : de la fantasy, du pixel art, de la coopération et un écran qui avance sans demander la permission. Reste à savoir si cette nouvelle production rejoindra les meilleures réussites de Devolver ou si elle se contentera d'être une curiosité de plus. Découvrez la réponse avec le test de Dark Scrolls disponible sur PC et Nintendo Switch depuis le 22 juin 2026.
Un titre qui propose suffisamment de charme, d’énergie et de bizarreries pour passer quelques bonnes soirées
Des parchemins, un traître et des tickets-restaurant
Dark Scrolls ne s’attarde pas sur les présentations. Une courte cinématique montre un groupe d’aventuriers affronter un dragon à trois têtes, remporter la victoire, puis découvrir qu’un traître se cachait visiblement dans la compagnie. Le genre de collègue qui attend la fin du projet pour poignarder toute l’équipe et repartir avec les tickets-restaurant.
Après ce démarrage expéditif, me voilà envoyé à la recherche des mystérieux parchemins noirs qui donnent leur nom au jeu. L’aventure me fait traverser des forêts, des châteaux, des souterrains et quelques destinations plus inattendues, jusqu’à l’enfer ou la lune. Pourquoi la lune ? Parce qu’après l’enfer, il fallait sans doute proposer une destination plus calme.

La narration reste presque entièrement visuelle, sans dialogues ni longues explications. Cette simplicité colle plutôt bien à l’esprit arcade et permet d’entrer immédiatement dans l’action. Quelques personnages cachés, routes alternatives et objectifs absurdes donnent aussi un peu de personnalité à l’univers.
Il ne faut cependant pas espérer retrouver ici la densité narrative d’un Baldur's Gate. Ni même celle d’un Super Mario dans un bon jour. Les personnages, leurs motivations et la véritable nature des parchemins restent largement dans le brouillard. L’histoire fait donc correctement son travail de décoration, mais elle ne dépasse jamais vraiment le stade du prétexte sympathique.

Course contre les monstres... et contre les murs
Dark Scrolls est un jeu d’action et de plateformes en deux dimensions dans lequel l’écran défile automatiquement. Je dois donc avancer en permanence, éliminer les ennemis, éviter les projectiles, franchir les obstacles et essayer de ne pas finir écrasé contre le bord de l’écran comme une chaussette oubliée derrière une armoire.
Le jeu mélange plateformes, tir et structure roguelite, avec des niveaux composés de salles assemblées dans un ordre variable. Chaque personnage possède une attaque principale, une manière particulière de se déplacer ou de sauter, ainsi qu’une attaque ultime. Les héros sont suffisamment différents pour modifier l’approche : le barbare lance ses haches et frappe le sol, le mage attaque à distance, tandis que d’autres peuvent voler, se soigner ou employer des techniques plus originales. Certains sont agréables à jouer ; d’autres donnent surtout l’impression d’avoir été sélectionnés au dernier moment pour compléter la fiche d’inscription.

La véritable particularité du système repose sur les étoiles et les boutiques. Au cours d’une partie, je peux acheter jusqu’à cinq améliorations et les placer sur les différents paliers de ma jauge : infuser mes attaques avec un élément, sauter plus haut ou obtenir divers bonus. En tuant des ennemis, je remplis progressivement cette jauge et active les avantages associés aux étoiles atteintes. Une fois les cinq étoiles obtenues, je peux déclencher mon attaque ultime, ce qui vide entièrement le compteur et m’oblige à reconstruire toute ma progression.

Sur le papier, l’idée est intéressante. Elle pousse à réfléchir à l’ordre des bonus et fait évoluer le personnage en permanence. Dans les faits, je la trouve surtout contraignante. Ma progression dépend du rythme auquel le jeu m’envoie des ennemis et des améliorations que les boutiques daignent me proposer. Je ne contrôle donc jamais vraiment la construction de mon personnage, et utiliser l’ultime revient à appuyer sur le bouton « supprimer mon build » en échange de quelques secondes de spectacle. Cela aurait pu créer un cycle de montée en puissance particulièrement grisant ; cela ressemble plutôt à un escalator qui redescend chaque fois que j’arrive en haut, avec un employé chargé de me féliciter avant de me renvoyer au rez-de-chaussée.

Le défilement automatique devait être l’autre grande spécificité de Dark Scrolls. Il ajoute effectivement une pression constante, mais génère rarement un défi véritablement intéressant. La plupart du temps, il m’empêche surtout de jouer comme je veux ou de revenir chercher une pièce. L’écran avance parce qu’il a décidé d’avancer, avec la détermination d’un agent de sécurité qui veut fermer le magasin à 19 heures et qui se moque complètement de savoir si je suis encore dans la cabine d’essayage.
Cette contrainte devient rapidement agaçante lorsque les déplacements manquent de précision. Certains personnages sont flottants, les sauts ne répondent pas toujours aussi nettement que je le voudrais et les collisions peuvent me coincer contre un ennemi ou un élément du décor. Dans un jeu où l’écran menace déjà de m’expulser, le moindre accrochage devient fatal. Ce n’est plus vraiment une course contre la montre : c’est une course contre les coins de mur.
Dark Scrolls conserve malgré tout une énergie arcade. L’action commence immédiatement, les ennemis sont nombreux et les boss offrent quelques affrontements réussis. Les différents personnages, les routes alternatives et les secrets donnent également quelques raisons de relancer une partie. Le problème est que la formule se répète très vite. Je cours, je saute, je tire, puis je recommence dans une salle légèrement différente. La génération procédurale mélange les morceaux, mais elle ne fabrique pas miraculeusement de nouveaux niveaux. Les mêmes décors, ennemis et pièges reviennent régulièrement, comme des invités qui n’ont pas compris que la soirée était terminée et qui commencent maintenant à fouiller dans le réfrigérateur.


La coopération transforme enfin Dark Scrolls en une expérience aussi amusante que profondément pénible. Habituellement, ajouter un second joueur permet de répartir les ennemis, de couvrir les erreurs de l’autre et de rendre l’aventure un peu plus accessible. Ici, c’est l’inverse : inviter un ami revient à sélectionner discrètement le mode difficile.
Les personnages ne peuvent pas se traverser. Ils se bloquent donc dans les passages étroits, se gênent pendant les sauts et peuvent s’envoyer mutuellement dans un piège pendant que l’écran poursuit tranquillement sa route. La coopération ne rend pas seulement l’action chaotique : elle ajoute un obstacle mobile, imprévisible et persuadé que le problème vient de moi.
Plus remarquable encore, un joueur mort continue de faire obstacle. Même décédé, mon partenaire reste capable de ruiner ma partie : un niveau de nuisance post-mortem habituellement réservé aux fantômes, aux poltergeists et aux anciens membres d’un groupe WhatsApp qui refusent de le quitter.
Il existe peut-être des moyens de mieux interagir ou de coordonner les personnages, mais je ne les ai pas trouvés. Il paraît notamment possible de ressusciter son partenaire. Nous avons pourtant essayé de lui tirer dessus, de lui sauter dessus, de rester à côté de lui, d’appuyer sur tous les boutons et probablement d’accomplir sans le savoir plusieurs rituels païens. Rien. Le cadavre est resté au sol, fidèle à ses convictions.

Dark Scrolls reste ainsi efficace pendant quelques parties courtes. Son action est immédiate, ses personnages possèdent de bonnes idées et ses boss peuvent offrir des affrontements stimulants. Mais sa répétitivité, son scrolling autoritaire, son manque d’explications et une coopération qui complique tout ce qu’elle touche finissent par sérieusement user la formule.
Des gros sprites qui ont de la gueule
Dark Scrolls adopte un pixel art qui pioche généreusement dans les jeux d’action des années 1980 et 1990. Les références à Ghosts ’n Goblins, Gauntlet ou Castlevania sont évidentes, notamment dans la carte reliant les niveaux. Le jeu ne cache pas ses influences ; il les installe dans le salon et leur propose un café.
La direction artistique reste néanmoins agréable. Les personnages utilisent de gros sprites colorés, avec des silhouettes facilement reconnaissables. Le barbare, le mage et les héros plus absurdes, comme le chien ou le rat musicien, possèdent tous une vraie personnalité. Le bestiaire est varié, les animations sont expressives et les boss bénéficient généralement d’un design plus travaillé.
Le pixel art rétro n’a toutefois plus grand-chose d’original dans le paysage indépendant. Dark Scrolls exécute proprement la formule, mais ne la réinvente jamais. Les décors sont agréables, sans être particulièrement détaillés, et leur répétition finit par les rendre beaucoup moins marquants.

La lisibilité pose aussi problème lorsque l’écran se remplit de projectiles et d’effets. En coopération, avec deux héros qui tentent simultanément de ne pas mourir tout en se bloquant mutuellement, l’image peut rapidement ressembler à une partie de Où est Charlie ? conçue par quelqu’un qui déteste Charlie.
L’ensemble reste charmant et cohérent. Les graphismes constituent même l’un des aspects les plus convaincants du jeu, malgré un manque de variété qui accompagne malheureusement la répétition générale.

Symphonie de pixels et de bruitages rétro
La bande-son repose sur des compositions chiptune très rythmées, évoquant notamment les sonorités métalliques et synthétiques de la Mega Drive. Elle accompagne efficacement l’action et donne beaucoup d’énergie aux premières parties. Plusieurs thèmes sont accrocheurs et collent parfaitement à l’esthétique rétro.

Les bruitages suivent la même direction, avec des tirs, des explosions et des sons volontairement simples. Certains héros disposent aussi d’effets sonores plus humoristiques, ce qui renforce leur personnalité.
La bande-son reste efficace et cohérente, mais elle manque de variété pour accompagner un jeu qui demande autant de recommencer. Elle fonctionne très bien à petites doses ; après plusieurs heures, elle peut donner envie de déclencher un ultime sur le bouton du volume.
Avis sur Dark Scrolls (PC), le verdict du test
Dark Scrolls s’adresse surtout aux amateurs de jeux d’arcade rétro, de pixels généreux pour ne pas dire énormes, et de parties suffisamment courtes pour que la répétition n’ait pas encore eu le temps de déposer ses valises. Son système d’étoiles, ses héros variés et ses quelques bons boss lui donnent une vraie personnalité, même si le scrolling et la coopération semblent parfois travailler directement pour l’équipe adverse.
Seul, il peut offrir un défi amusant à picorer. À deux, il devient une sorte de test d’amitié médiéval dans lequel chacun doit déterminer si son partenaire est réellement maladroit ou s’il cherche volontairement à le pousser dans les pièges.
Ce n’est ni le jeu le plus profond ni le mieux réglé du catalogue Devolver, mais il conserve suffisamment de charme, d’énergie et de bizarreries pour passer quelques bonnes soirées. De préférence avec un ami patient, une certaine tolérance aux collisions et, par précaution, le manuel que les développeurs ont oublié de fournir.
Pour terminer, voici un résumé rapide de ses principaux atouts et de ses défauts.
Les points forts de Dark Scrolls
- Identité et humour percutants : Une forte personnalité fidèle à l'esprit Devolver, avec un humour cynique et des situations absurdes bienvenues.
- Casting varié et original : Un large choix de héros possédant de vraies différences de gameplay (capacités, déplacements, ultimes) et des designs marquants (le rat musicien, le pigeon, etc.).
- Énergie arcade immédiate : Une prise en main rapide, de l'action non-stop et des affrontements de boss particulièrement réussis.
- Direction artistique et bande-son rétro réussies : Un pixel art nostalgique soigné qui rend hommage aux classiques des années 80/90, soutenu par des thèmes chiptune Mega Drive très rythmés.
Les points faibles de Dark Scrolls
- Système d'évolution frustrant : Une jauge d'améliorations (étoiles) trop dépendante du hasard des boutiques, où déclencher l'attaque ultime punit le joueur en détruisant instantanément tout son build.
- Scrolling automatique rigide : Un défilement autoritaire qui génère plus d'agacement que de réel défi, empêchant d'explorer ou de ramasser les bonus à son rythme.
- Problèmes de précision et de collisions : Des déplacements parfois flottants et des masques de collision frustrants qui coincent le joueur contre le décor ou les ennemis.
- Répétitivité rapide : Une structure roguelite/procédurale qui tourne vite en rond en recyclant constamment les mêmes salles, pièges et décors.
- Une coopération qui sabote l'expérience : L'impossibilité de se traverser bloque les joueurs dans les passages étroits. Pire, les joueurs décédés continuent de faire obstacle physiquement, rendant le jeu plus difficile et pénible à deux.
- Manque de clarté et de lisibilité : Un écran vite surchargé d'effets visuels et un manque flagrant d'explications sur les mécaniques (comme le système de résurrection)
Bande annonce du jeu Dark Scrolls
Prix et disponibilité en ligne
PC 8.99€
Switch 8.99€FAQ : Tout savoir sur Dark Scrolls
Quel est le genre de Dark Scrolls et son classement PEGI ?
Dark Scrolls est un jeu de type Roguelike. Il est classé PEGI 3.
