Test MineGeon: Renegades. Une tonne d'idées, mais un sérieux manque de punch

Résumé Express : MineGeon: Renegades (Le verdict en 1 min)
MineGeon: Renegades est un roguelite / bullet hell en pixel art jouable en solo ou en coop jusqu'à 3 joueurs. Après un crash sur la planète PAIMO, votre équipe doit explorer ses profondeurs. Si le jeu brille par sa direction artistique soignée et la générosité de ses systèmes (craft, progression à la Hades, objectifs de missions variés), il pèche lourdement sur son équilibrage et son gamefeel. Les combats manquent de punch, les armes manquent de puissance et la lisibilité des boss est chaotique. Un jeu plein de bonnes intentions, mais qui manque encore d'étincelle face à un Enter the Gungeon.
Sommaire

Depuis quelques années, le roguelite est devenu l'un des genres les plus encombrés du jeu vidéo indépendant. Entre les héritiers de Dead Cells, les clones plus ou moins assumés d'Enter the Gungeon et les expériences hybrides cherchant à mélanger tous les genres à la mode, il devient de plus en plus difficile de se faire une place. C'est pourtant le défi que se lance MineGeon: Renegades, un roguelite de science-fiction développé et édité par le studio indépendant Kickstone Studio. Encore peu connu du grand public, le studio affiche pourtant de belles ambitions avec un titre mêlant bullet hell, exploration, coopération à trois joueurs et une impressionnante quantité de contenu à débloquer.
Sur le papier, le programme a de quoi faire saliver les amateurs du genre. Mais une bonne liste d'ingrédients ne suffit pas toujours à réussir la recette. Alors, MineGeon: Renegades est-il une future pépite indépendante ou un énième prétendant incapable de sortir de l'ombre d'Enter the Gungeon ? Pour le savoir, il va falloir découvrir le test du jeu Enter the Gungeon.
MineGeon: Renegades a de bonnes fondations, mais il lui manque encore cette étincelle capable de transformer une succession de bonnes idées en un roguelite véritablement addictif
Naufrage sur PAIMO : Un lore SF qui sert de prétexte
MineGeon: Renegades débute sur un postulat plutôt sympathique. Après un braquage qui tourne mal, un groupe de mercenaires, les Renegades, est contraint de fuir et finit par s'écraser à proximité de la planète PAIMO. Sans possibilité de repartir, l'équipage n'a d'autre choix que de s'enfoncer dans les profondeurs de cette planète inconnue afin de trouver de l'aide, de récolter des ressources et de percer les mystères qui semblent s'y cacher.

L'univers de science-fiction a une certaine personnalité. Les traces d'une ancienne civilisation, les mystérieux monolithes qui orientent notre progression ou encore les Robert Logs disséminés dans les niveaux laissent entrevoir un lore plus riche qu'il n'y paraît au premier abord. Le jeu annonce également une aventure répartie sur 6 biomes distincts, chacun devant révéler un peu plus les secrets de PAIMO et de ses habitants.

Malheureusement, je suis resté assez extérieur à cette intrigue. L'histoire remplit sa fonction de prétexte aux explorations successives, mais elle ne parvient jamais à devenir une véritable motivation. Je n'ai jamais ressenti cette curiosité qui pousse à lancer une nouvelle partie pour découvrir le prochain rebondissement ou obtenir une nouvelle pièce du puzzle narratif.
L'ombre pesante d'Enter the Gungeon : Un héritage difficile à assumer
C'est évidemment sur le terrain du gameplay que MineGeon: Renegades joue sa crédibilité. Le titre est un roguelite en vue de dessus mêlant bullet hell, dungeon crawler et collecte de ressources, jouable en solo ou jusqu'à 3 joueurs en coopération. Dès les premières minutes, j'ai immédiatement pensé à Enter the Gungeon. Même perspective, même principe de salles successives, même philosophie de progression par runs et même goût pour l'accumulation d'armes, de gadgets et de bonus.
Le problème quand on veut faire un jeu trop ressemblant à son modèle, c’est que les joueurs ne peuvent pas faire abstraction de l’original. Or, j'ai constamment eu l'impression de jouer à un Enter the Gungeon… mais en moins bien. Et si des esprits chagrins me disent que j’abuse de le comparer à Enter the Gungeon, je dirai simplement que le jeu s’appelle MineGeon. Si en héritier il se pose, alors souffrez qu’en héritier je le juge.

Le rythme est moins nerveux, l’humour de l’univers est absent, les affrontements sont plus mous et les armes manquent souvent de patate. Même lorsque je récupérais un lance-roquettes ou certaines armes énergétiques plus avancées, j'avais rarement l'impression de manipuler un arsenal destructeur. Les impacts manquent de violence, les ennemis encaissent parfois les tirs sans véritable feedback et j'ai souvent eu le sentiment de tirer avec des pistolets à fléchettes plutôt qu'avec des armes de science-fiction. Et finis la profusion d’armes complètement débilement cool de Enter The Gungeon. Ici, c’est deux ou trois armes par run. Pas plus.

J'ai apprécié le système de progression pendant les runs. Je récupère des points d’XP sous forme de petites balles jaunes, et à chaque montée de niveau, je choisis une des améliorations immédiates : un dash plus efficace, un renforcement de mon ultime, une compétence offensive supplémentaire ou un bonus passif. Contrairement à certains roguelites où l'on ne gagne qu’un ou deux level par partie, ici, le sentiment que mes choix modifient réellement le déroulement de la partie est très appréciable.


Le jeu se montre également généreux en contenu. Plus de 150 gadgets, plusieurs ultimes, des animaux de compagnie, de nombreuses améliorations permanentes du vaisseau, des éléments de décoration, de la cuisine permettant d'obtenir des buffs temporaires, des meubles à débloquer via le Galactic Express PC ou encore la possibilité de visiter les vaisseaux d'autres joueurs : sur le papier, difficile de lui reprocher un manque d'ambition.

Mais cette richesse de contenu se heurte à plusieurs problèmes de conception. Le premier est l'équilibrage. Il m'est arrivé à plusieurs reprises de me retrouver complètement submergé dès les premiers biomes par des vagues d'ennemis disproportionnées. Non pas parce que j'avais commis une erreur particulière, mais simplement parce que le jeu semblait parfois incapable de doser correctement sa difficulté.

Le second problème concerne sa progression permanente, très inspirée d'Hades. J'ai rapidement eu le sentiment que le jeu avait été équilibré autour de personnages déjà améliorés, rendant les premières heures artificiellement difficiles. Le jeu me pousse donc à enchaîner les runs pour gagner des statistiques et enfin pouvoir rivaliser. Mais pendant ce farm, je ne gagne pas seulement des points de vie ou des dégâts supplémentaires : j'apprends aussi les niveaux, les ennemis et les mécaniques. Je progresse donc à la fois par l'expérience et par les statistiques, ce qui finit par aplatir la courbe de difficulté. Après un début trop punitif, le jeu devient soudainement beaucoup plus facile, un équilibre que MineGeon: Renegades peine à maîtriser.

La répétitivité constitue d'ailleurs, à mes yeux, le principal défaut de MineGeon: Renegades. Les ennemis reviennent rapidement en boucle. J'ai eu l'impression de croiser sans cesse les mêmes créatures, les mêmes slimes dans des configurations à peine différentes. Après quelques heures, l'effet de découverte s'essouffle sérieusement.
Certaines récompenses m'ont également laissé perplexe. En tuant les petits insectes qui courent par-ci par-là, on se voit accorder… un point de vie supplémentaire. Lorsque mon personnage possède déjà environ 500 points de vie et qu'une attaque ennemie en retire cinquante, la récompense devient presque insignifiante. Même constat pour certains bonus de dégâts de l'ordre de 0,01 %. À ce niveau-là, j'ai eu davantage l’impression d’un troll, ou d’un bonus à effet placebo.

Les affrontements contre les boss m'ont également déçu. Un bon bullet hell repose généralement sur des patterns précis, lisibles et progressivement maîtrisables. Ici, plusieurs combats m'ont donné l'impression que la salle se remplissait simplement de projectiles sans logique particulièrement identifiable. J'étais davantage confronté à un chaos difficilement lisible qu'à un défi exigeant mais gratifiant.

Tout n'est heureusement pas à jeter. J'ai beaucoup apprécié le fait que les levels soient construit autour de missions. Ce n’est pas simplement tuer tous les monstres et trouver la sortie, mais aussi défendre un chariot, alimenter un four ou accomplir divers objectifs contextuels. Ça apporte une respiration bienvenue entre les séquences de combat. Ces idées simples permettent de casser la routine et donnent davantage de personnalité aux runs. Et bien sur la coopération à 3 peut ajouter beaucoup à l’expérience de jeu.

Peut-être que la version finale, plus riche en contenu, en équilibrages et en surprises, permettra de mieux révéler tout le potentiel de MineGeon: Renegades. Car le jeu ne manque clairement ni d'idées ni d'ambition, et plusieurs de ses mécaniques donnent envie de croire qu'il peut encore trouver sa propre identité. À ce stade de preview, c'est pourtant le gamefeel qui fait défaut. Les combats manquent de nervosité, les armes de puissance, les affrontements de lisibilité et l'ensemble peine à procurer ce plaisir immédiat et cette montée d'adrénaline permanente qui font encore aujourd'hui la force d'Enter the Gungeon. MineGeon: Renegades a de bonnes fondations, mais il lui manque encore cette étincelle capable de transformer une succession de bonnes idées en un roguelite véritablement addictif.
Un pixel art étincelant qui sauve le voyage
S'il y a bien un domaine où MineGeon: Renegades m'a convaincu, c'est sa direction artistique. Le pixel art est particulièrement soigné. Les environnements profitent de nombreux effets lumineux, les animations sont fluides et certaines zones, notamment les cavernes de cristaux ou les grottes baignées de lueurs rougeâtres, dégagent une véritable ambiance. Dès les premières minutes, le jeu attire l'œil et donne envie de découvrir ce qu'il a à offrir.

Là encore, j'ai néanmoins fini par ressentir une certaine répétitivité. Malgré la promesse de 6 biomes distincts, les premières heures m'ont donné une sensation que le jeu allait tirer vite vers le déjà-vu.
Cela reste malgré tout la plus grande qualité du jeu. Même lorsque le gameplay commençait à me lasser, j'avais toujours plaisir à observer ses décors et ses animations.
Une bande-son synthwave un peu trop timide
La bande-son est probablement l'aspect qui m'a laissé le moins de souvenirs. Les bruitages remplissent correctement leur fonction. Mais sans plus. Les tirs, les explosions ou certains gadgets disposent d'effets sonores identifiables, mais jamais percutants. On ne ressent pas le danger, la puissance des boss par l’ambiance sonore.
Les musiques sont mollassonnes, elle cherche à aller vers ce qui marche habituellement, un synthwave pas désagréable, mais qui n’a pas de panache. C’est une musique qui accompagne une balade en voiture, pas une guerre !
La bande-son n'est jamais désagréable. Elle est simplement fonctionnelle. Et c'est peut-être ce qui résume le mieux mon ressenti global sur MineGeon: Renegades : un jeu rempli de bonnes intentions, doté d'une vraie générosité de contenu et d'une direction artistique séduisante, mais qui peine trop souvent à transformer ses idées en sensations réellement mémorables.
Avis sur MineGeon: Renegades (PC), le verdict du test
Après plusieurs heures passées sur cette preview, mon sentiment reste partagé. MineGeon: Renegades déborde d'idées, affiche une direction artistique très séduisante et propose suffisamment de systèmes de progression, de gadgets et de mécaniques annexes pour donner envie de croire en son potentiel. Il y a indéniablement de la matière et l'on devine par moments le très bon roguelite qui cherche à émerger.
Mais pour l'instant, l'alchimie a du mal à prendre. Ce n'est pas un problème d'ingrédients : ils sont presque tous là. C'est davantage une question de dosage et de caractère. Les combats manquent de nervosité, les armes de puissance, les boss de lisibilité et l'ensemble souffre d'un manque de sensations immédiates face à une concurrence dont il revendique pourtant l'héritage. MineGeon: Renegades ressemble finalement à une recette un peu trop sage, appliquée et généreuse, mais qui n'a pas encore trouvé l'épice capable de lui donner sa véritable personnalité. Reste à voir si la version finale prévue pour le 14 juillet 2026 saura relever l'assaisonnement.
Bande annonce du jeu MineGeon: Renegades
Prix et disponibilité en ligne
PC €FAQ : Tout savoir sur MineGeon: Renegades
Quel est le genre de MineGeon: Renegades et son classement PEGI ?
MineGeon: Renegades est un jeu de type Roguelike. La classification PEGI est actuellement en attente.
Qui a fait le jeu MineGeon: Renegades et quand est-il sorti ?
MineGeon: Renegades a été développé et édité par Kickstone Studio. Le jeu est disponible officiellement depuis le mardi 14 juillet 2026.
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