Test de Replaced : Un polar cyberpunk existentiel éblouissant, mais un peu trop sage

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Méthodologie du testLe test du jeu Replaced, développé par Sad Cat Studios et édité par Thunderful, a été réalisé sur PC à partir d'une version commerciale fournie par l'éditeur.

Résumé Express : Replaced (Le verdict en 1 min)

15/20

Replaced est un polar cyberpunk en 2,5D à l'ambiance monumentale et à la direction artistique en pixel art tout simplement révolutionnaire (20/20). On y suit R.E.A.C.H., une IA coincée dans un corps humain au cœur d'une cité dystopique. Si l'univers, la musique et la crise existentielle du héros captivent dès les premières minutes, le jeu perd de sa superbe dans ses mécaniques : les combats automatisés créent une distance et les phases de plateforme manquent cruellement de précision. Trop long pour son propre bien, Replaced reste une expérience visuelle et sonore mémorable, qui effleure le chef-d'œuvre sans jamais réussir à l'attraper.

Sommaire

Table des matières
Test de Replaced : Un polar cyberpunk existentiel éblouissant, mais un peu trop sage

La pluie tombe sur Phoenix-City comme si le ciel essayait de nettoyer quelque chose qu’il ne comprend même plus. Les néons bavent sur les flaques d’huile et les types augmentés jusqu’à la moelle avancent dans les rues avec la même tête que des machines en fin de garantie. Dans ce futur fatigué, les corps se remplacent, les souvenirs se trafiquent et l’humanité se revend au détail dans des arrière-boutiques éclairées au néon rouge.
Développé par Sad Cat Studios et édité par Coatsink, Replaced s’inscrit directement dans la lignée des vieux monstres sacrés comme Another World, Flashback ou Prince of Persia, tout en regardant du côté d’Inside pour sa mise en scène et son silence oppressant. Un héritage lourd à porter. Surtout quand on décide de transformer un simple jeu d’aventure 2.5D en polar cyberpunk existentiel noyé sous les néons.
Maintenant, la vraie question est de savoir si Replaced est seulement un magnifique décor… ou quelque chose de plus humain caché sous le chrome. Pour ça, il va découvrez le test du jeu Replaced disponible sur PC via Steam, et Xbox depuis le 14 avril 2026.

Véritable polar cyberpunk à l'ambiance magnétique, le titre de Sad Cat Studios brille par sa direction artistique, quitte à laisser son gameplay au second plan
  • Replaced

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De Blade Runner à Ghost in the Shell : une ambiance plus forte que son récit

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Phoenix-City est le genre d’endroit où même la pluie semble sale. Les néons bavent sur le béton, les sirènes hurlent au loin sans que personne ne tourne la tête, et les types qui marchent encore dans les rues le font surtout parce qu’ils n’ont nulle part où crever tranquillement. La ville ne dort jamais vraiment. Elle attend. Comme une bête fatiguée qui refuse encore de mourir.

Une version dystopique de la ville de Phoenix
Une version dystopique de la ville de Phoenix

Au milieu de cette carcasse électrique traîne R.E.A.C.H. Pas vraiment un homme. Pas vraiment une machine non plus. À l’origine, c’était une intelligence artificielle conçue par Warren Marsh, un scientifique travaillant pour Phoenix-City. Puis il y a eu l’accident. Le laboratoire éventré. Les alarmes. Le métal qui fond. Et quelque part dans le chaos, quelque chose s’est mélangé. Warren a presque disparu. R.E.A.C.H., lui, s’est réveillé dans un corps humain qui n’était pas le sien. Depuis, il avance dans la ville comme un fantôme portant la peau d’un autre.

L'intelligence artificielle R.E.A.C.H.
L'intelligence artificielle R.E.A.C.H.

Et c’est probablement là que Replaced trouve ses meilleurs moments. Pas dans les fusillades. Pas dans les poursuites. Dans cette idée simple et dérangeante : qu’est-ce qu’il reste d’un homme quand une machine commence à penser à sa place ?

Phoenix Laboratory
Phoenix Laboratory

Le scénario ne cherche jamais à révolutionner le cyberpunk. Corporations pourries, trafic d’implants, expériences interdites, violence de rue… Tout ça sent le vieux dossier jauni laissé trop longtemps sous une lampe de bureau. Mais le jeu comprend quelque chose que beaucoup oublient : dans un bon polar noir, l’histoire compte moins que l’ambiance qui colle aux personnages. Comme dans Blade Runner, on entre d’abord par le décor.

Replaced
Replaced
Replaced
Replaced

Dans ce monde qui recycle les êtres humains comme des déchets industriels, R.E.A.C.H. devient ironique : une intelligence artificielle qui cherche désespérément à comprendre ce qu’être humain signifie encore. Elle observe la peur, la misère, la violence. Elle voit des hommes devenir mécaniques pendant qu’elle-même commence lentement à développer quelque chose qui ressemble à une conscience.

Une intelligence artificielle piégée dans un corps humain
Une intelligence artificielle piégée dans un corps humain

Le plus intéressant, c’est que le jeu laisse parfois planer le doute. Où s’arrête Warren Marsh ? Où commence réellement R.E.A.C.H. ? On pense forcément à Ghost in the Shell. Certaines réactions semblent humaines, d’autres ressemblent à de simples calculs. Comme si deux esprits partageaient la même carcasse sans réussir à se mettre d’accord sur la direction à prendre.

Replaced
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Le problème, c’est que Replaced regarde souvent ses propres idées de loin. Il les effleure plus qu’il ne les creuse. Certaines questions restent suspendues dans la fumée des ruelles sans jamais recevoir de réponse.

Replaced
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Et quand le générique tombe enfin, il reste cette sensation étrange. Celle d’avoir ouvert un dossier fascinant sur un monde condamné… avant qu’un type en costard vienne récupérer les preuves et éteindre la lumière du bureau avant qu’on ait eu le temps de le consulter jusqu’au bout.

Le syndrome du pilote automatique

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Replaced est un jeu d’aventure en 2.5D. On alterne entre exploration, combats et plateforme dans une structure très classique. À la manière d’Another World, Flashback ou Prince of Persia, nous sommes dans un jeu qui repousse les limites de l’immersion 2D. Les liens de parenté sont évidents, tout comme avec le jeu Umbral sorti récemment.

Replaced
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Le gameplay reste toutefois simple : peu de mécaniques complexes, peu de systèmes qui s’empilent. Le jeu cherche surtout à être impactant, à maintenir une tension, à porter son ambiance. Mais honnêtement, ses meilleurs moments ne sont pas ceux où il faut frapper ou sauter. Ses meilleurs moments, ce sont les errances.

Replaced
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Marcher dans les rues. Observer les enseignes qui clignotent encore dans des quartiers déjà morts. Croiser des silhouettes détruites par les implants, la misère ou les trafics. Voir cette civilisation bricoler un futur avec les restes du précédent. C’est là que le jeu devient vraiment intéressant.

Replaced
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Par moments, j’avais presque l’impression de retrouver l’ambiance de Shadowrun. Pas le côté fantasy avec les elfes et la magie, plutôt les bas-fonds. Les clubs miteux. Les types augmentés jusqu’à l’os qui survivent dans des quartiers où l’État n’existe plus depuis longtemps. Cette sensation d’underground sale et vivant, d’une société parallèle qui continue malgré tout à chercher son humanité entre le chrome et le numérique.

Replaced
Replaced

Le problème, c’est que le jeu semble parfois ne pas totalement faire confiance à cette force-là. On sent que les développeurs voulaient avant tout raconter une histoire et construire une ambiance. Mais il fallait aussi « faire un jeu vidéo ». Alors, on ajoute des combats, des séquences de plateforme, des moments censés maintenir le joueur éveillé et gonfler la durée de vie.

Les combats fonctionnent vraiment bien visuellement. Les animations sont excellentes et les coups partent avec violence. Il y a une vraie fluidité dans les enchaînements. On retrouve ce gameplay moderne popularisé par Assassin’s Creed puis Batman: Arkham, et maintes fois recyclé partout. J’appuie sur attaque, le personnage improvise tout seul une chorégraphie ultra stylisée, et mon rôle consiste surtout à gérer le timing des esquives et des contres.

Et c’est justement là que le jeu devient étrange. J’ai toujours eu un problème avec ce type de système, parce qu’il me retire une partie du contrôle direct. Je ne décide pas précisément de l’action : je déclenche une intention, puis le personnage accomplit seul toute une série de mouvements spectaculaires. Ça crée une distance. Je regarde mon personnage agir au lieu d’agir moi-même.

Mais dans Replaced, cette sensation produit quelque chose d’intéressant, sans que je sache si c’était totalement voulu. Votre personnage est contrôlé par une intelligence artificielle. Une conscience étrangère coincée dans un corps humain. Alors finalement, cette perte partielle de contrôle colle assez bien au propos du jeu. Est-ce qu’on contrôle réellement ce qu’on fait ? Est-ce qu’une action reste humaine quand elle est exécutée automatiquement par un système plus grand que nous ? Le héros de l’histoire, c’est Warren ou R.E.A.C.H. ?

La question devient presque méta. Comme un texte généré avec ChatGPT. Est-ce que l’auteur est celui qui écrit chaque phrase, ou celui qui donne simplement l’impulsion initiale ? Est-ce qu’avoir rédigé le prompt suffit pour être responsable du résultat final ? Replaced effleure ce genre d’idée sans jamais vraiment l’assumer totalement. Mais le malaise est là. Et il fonctionne.

Malheureusement, les phases de plateforme sont beaucoup moins convaincantes. Elles sont lourdes, répétitives. Certaines animations donnent de l’inertie, mais pas forcément de la précision, comme à l’époque de Prince of Persia ou Flashback. Et c’est probablement là que la comparaison avec le jeu Inside devient inévitable. Inside avait cette même parenté, ce même style, mais durait deux ou trois heures. Chaque scène avait un sens. Chaque énigme participait directement au récit. Le gameplay racontait quelque chose : le joueur comprenait le monde à travers ce qu’il faisait.

Dans Replaced, l’histoire et le gameplay vivent souvent côte à côte plutôt qu’ensemble. Les séquences narratives portent l’ambiance. Les combats et la plateforme servent surtout à remplir l’espace entre deux moments forts.

Le pixel art 2.5D poussé dans une nouvelle dimension

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Le jeu est magnifique. Pas « beau » au sens habituel du terme : magnifique comme une ville en train de mourir sous des enseignes lumineuses. Chaque décor semble éclairé par un vieux souvenir malade. Le pixel art est d’une maîtrise obscène. Les lumières glissent sur les murs, les ombres avalent les rues et la caméra sait toujours où regarder. Le flou de profondeur joue énormément pour la crédibilité et la perspective du titre. C'est aussi marquant que The Eternal Castle, mais avec un look beaucoup plus accessible.

Le plus impressionnant, c’est que le jeu comprend parfaitement le langage visuel de ses ancêtres. Another World racontait déjà énormément avec ses décors et ses cadrages. Flashback utilisait l’animation pour vendre la crédibilité de son univers. Replaced pousse cette logique jusqu’au bout avec des effets modernes, sans perdre cette identité old school.

Il y a des plans qui ressemblent à des pochettes d’albums synthwave. Des couloirs industriels noyés dans le brouillard. Des appartements éclairés par des écrans fatigués. Des rues qui donnent envie de rester immobile, juste pour regarder la vie tomber.

Replaced, c’est la promesse d’un avenir où le pixel art prend une nouvelle dimension ; un style nouveau vient de naître.

Une OST hypnotique

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Des nappes synthétiques froides. Des pulsations discrètes. Des morceaux qui sentent la cassette usée retrouvée dans une voiture abandonnée. La musique accompagne la ville comme une respiration artificielle.

Là encore, impossible de ne pas penser à Blade Runner, mais aussi à des jeux plus récents comme Vane avec son introduction si marquante, où le son participe autant à l’ambiance que l’image elle-même. Certains passages deviennent presque hypnotiques : on avance, on écoute, et le monde paraît encore plus vide.

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Le silence joue aussi un rôle important. Le jeu ose parfois couper la musique et laisser uniquement le bruit de la pluie, des machines ou des pas dans un couloir métallique. Ça fonctionne très bien.

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Le seul vrai regret vient de l’absence de doublage. Certains dialogues auraient gagné en impact avec des voix, surtout dans un univers aussi incarné visuellement.

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Mais même sans ça, la bande-son fait le travail. Elle ne cherche pas à impressionner, mais elle souligne tout à la perfection.

Durée de vie

Le jeu dure une dizaine d’heures, mais il donne parfois l’impression qu’il aurait été plus puissant en étant plus court. Plus sec. Plus brutal. Comme un bon polar noir qui sait exactement quand couper avant la dernière cigarette.

ConclusionAvis sur Replaced (PC), le verdict du test

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Quand le générique tombe enfin, Replaced laisse une drôle d’impression : celle d’avoir traversé une ville magnifique en train de mourir lentement. Une ville remplie de machines qui rêvent d’être humaines, pendant que les humains eux-mêmes deviennent des automatismes sous perfusion technologique.
Le jeu n’est pas parfait. Ses combats finissent par tourner un peu en rond, ses phases de plateforme manquent parfois de précision, et surtout, il regarde souvent ses propres idées sans totalement oser les disséquer jusqu’au bout. Mais malgré ça, quelque chose reste.
Parce qu’au-dessus de tout le titre plane toujours la même question : si une intelligence artificielle commence à ressentir, souffrir, douter et chercher sa place dans le monde… à partir de quand cesse-t-elle d’être une machine ? Et à l’inverse, si l’humain délègue ses pensées, ses gestes et même son identité à des systèmes artificiels… qu’est-ce qu’il reste encore d’humain chez lui ?
Replaced ne donne jamais vraiment de réponse — d’ailleurs, une réponse existe-t-elle ? Il laisse simplement le joueur seul sous les néons, avec le souvenir d’un jeu qui regardait les sommets, mais qui s’est peut-être perdu en chemin à force de vouloir les atteindre tous à la fois.

Bande annonce du jeu REPLACED

Prix et disponibilité en ligne

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FAQ : Tout savoir sur Replaced

Quel est le genre de Replaced et son classement PEGI ?

Replaced est un jeu de type Plateforme. Il est classé PEGI 16. Contenus sensibles : Grossièreté de langage, Violence.

Qui a fait le jeu Replaced et quand est-il sorti ?

Replaced a été développé par le studio Sad Cat Studios et édité par Thunderful. Le jeu est disponible officiellement depuis le mardi 14 avril 2026.

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