Test Pro Jank Footy : Un bazar arcade hilarant... mais un gameplay qui se prend les pieds dans le tapis

Résumé Express : Pro Jank Footy (Le verdict en 1 min)
Pro Jank Footy est un jeu de football australien arcade totalement déjanté, imaginé par des créateurs de comédies absurdes. En mélangeant graphismes rétro typés Neo-Geo, chaos sonore et plus de 150 règles modificatrices (joueurs géants, métamorphoses en voitures, invasion de supporters), le jeu offre des fous rires immédiats. Malheureusement, la fête est gâchée par un gameplay frustrant : un placement d'IA lunaire et un changement de joueur automatique aux fraises. Un jeu au potentiel immense entre potes, mais au gameplay parfois pénible.
✨︎ Généré par l'IA à partir du texte rédigé par XLanSommaire

Le football australien était déjà incompréhensible, mais ils ont décidé de l’aggraver. Il fut une époque bénie où un jeu de football n’avait pas besoin de reproduire précisément la pilosité de l’arrière gauche de Brentford pour mériter notre attention. On mettait une cartouche dans la console, on lançait Super Soccer, Super Sidekicks ou, pour les esthètes ayant compris que le football manquait surtout de cyborgs capables de déclencher des tirs nucléaires, Soccer Brawl. On courait vers le but adverse, on appuyait très fort sur deux boutons et on considérait que c’était largement suffisant pour simuler l’intégralité de la complexité tactique du sport professionnel. Pro Jank Footy appartient clairement à cette école. Celle du sport arcade, immédiat, débile, coloré, où le réalisme est prié de laisser ses chaussures à l’entrée.
Développé par Powerbomb Games et Tinker Town, et édité par Powerbomb Games et Umbrella Gaming, Pro Jank Footy est le premier titre de Powerbomb Games, studio né en Australie-Méridionale avec l’idée de créer des jeux à concept fort mêlant satire et humour australien. Derrière le projet, on trouve notamment David Ashby, cocréateur de la série australienne Danger 5 et d’Italian Spiderman, ce qui donne déjà une indication assez précise du niveau de sérieux auquel nous avons affaire. Je vous explique tout en découvrant le test de Pro Jank Footy disponible sur Steam, Xbox, PlayStation et Nintendo Switch.
On retrouve quelque chose de cette époque Super Sidekicks, Super Soccer ou Soccer Brawl...
Quand les Monty Python s'attaquent au football australien
Avant Pro Jank Footy, je ne connaissais pas le football australien. J’ai donc appris en lançant le jeu que les Australiens avaient non seulement inventé leur propre football, mais qu’ils avaient apparemment décidé de ne choisir entre le football, le rugby et une bagarre organisée dans un parc.
Plus je découvre les règles, plus une question me travaille : et si les Monty Python avaient créé un sport collectif ?
Le football australien se pratique sur un immense terrain ovale avec un ballon ovale, parce qu’un ballon rond aurait manifestement été beaucoup trop conventionnel. On peut avancer en courant, en donnant des coups de pied ou en frappant le ballon avec le poing pour faire une passe, puisqu’il est interdit de simplement le lancer comme une personne normalement constituée. On peut plaquer l’adversaire, attraper directement un ballon envoyé au pied pour obtenir ce qu’on appelle un « mark », et l’objectif consiste à envoyer le ballon entre quatre poteaux. Entre les deux grands poteaux, c’est six points. Entre un grand et un petit, c’est un « behind » et ça rapporte un point.
J’imagine parfaitement la réunion fondatrice.
« Bon, les gars, on fait du foot ? »
« Oui. Mais avec les mains. »
« Du rugby alors ? »
« Non, parce qu’on va surtout taper dans le ballon avec les pieds. »
« Et il y aura des buts ? »
« Quatre. »
« Pourquoi quatre ? »
« Ta gueule, Kevin. »
L’Australie est vraiment un pays à part…
Et Pro Jank Footy ne cherche surtout pas à rendre cette discipline plus intelligible. Bien au contraire. Powerbomb Games et Tinker Town semblent avoir observé les règles du football australien et conclu qu’elles souffraient d’un manque évident de voitures, de géants, de supporters débiles et d’événements échappant complètement au contrôle humain.
150 bonus délirants gâchés par des coéquipiers en grève
Sur le principe, Pro Jank Footy est formidable.
On récupère le ballon, on court, on passe, on tape dans des gens et on essaie vaguement de propulser l’objet entre les bons poteaux. Pour quelqu’un qui connaît réellement le football australien, j’imagine qu’il existe une dimension tactique plus raffinée. Personnellement, pendant mes premières parties, ma stratégie consistait essentiellement à identifier dans quelle direction se trouvait mon but, puis à courir dans l’autre.
Mais le vrai génie du jeu intervient lorsqu’un but est marqué. Chaque fois qu’une équipe encaisse, le perdant choisit parmi plusieurs nouvelles règles ou pouvoirs qui vont modifier la rencontre. Ce n’est donc pas simplement un système de bonus. C’est une mécanique de rattrapage qui détruit progressivement les lois physiques, sportives et probablement constitutionnelles du match. Les développeurs annoncent plus de 150 pouvoirs différents, et certains peuvent modifier radicalement la partie.
Et là, tout peut arriver.
Les joueurs peuvent devenir gigantesques. Un type peut soudainement ressembler à un Super Saiyan ayant décidé que sauver l’univers attendrait la fin du championnat. Des supporters envahissent le terrain. Des mouettes viennent foutre la merde. Des règles changent en plein match. Des gens deviennent des ballons. On peut ajouter des poteaux autour du terrain. Il existe même des pouvoirs capables d'introduire une troisième équipe. Et à un moment, j’ai eu un joueur transformé en voiture. Oui, une voiture.
Je tiens à rappeler que nous étions initialement venus jouer au football. C’est encore plus éloigné du foot, même australien, que Smash It Wild s’éloignait du volley (avec des équipes faites avec des animaux je le rappelle)
C’est précisément ce que Pro Jank Footy me promettait dans ses bandes-annonces : du chaos, de l’imprévisibilité, des matchs qui commencent vaguement comme du football australien avant de dégénérer progressivement en accident collectif. Et au début, j’y ai cru. Les premières minutes donnent vraiment cette impression : chaque nouvelle règle vient foutre un peu plus le bordel, les situations deviennent absurdes et on commence à imaginer tout ce que le jeu va pouvoir produire une fois lancé à pleine vitesse.
Sauf que plus j’ai joué, moins la recette a pris
Parce qu’une fois passé l’effet de surprise des règles débiles et des transformations improbables, il reste le gameplay. Et c’est malheureusement là que Pro Jank Footy commence à sérieusement se prendre les pieds dans son propre ballon ovale.
Parce que tout cela pourrait être très drôle. Ça pourrait même être génial. Il ne manque qu’un tout petit détail : que le jeu de football soit agréable à jouer.
Et là, bordel. Le placement des joueurs est insupportable. Lorsque l’adversaire récupère la balle et qu’il part vers mes buts, j’attends naturellement de mes coéquipiers qu’ils m’accompagnent. Qu’ils proposent une solution. Qu’ils prennent l’espace. Qu’ils aient éventuellement conscience qu’ils participent eux aussi à cette rencontre.
Pas du tout ! Mes joueurs partent régulièrement se positionner sur les côtés du terrain comme s’ils venaient d’apprendre qu’un buffet gratuit venait d’être installé près des tribunes. Je cours sur le joueur adverse plein axe, j’ai besoin que mes coéquipiers lui barrent la route et mes partenaires sont à quarante mètres. Le centre est vide. Le champ est libre.
Et surtout, je ne peux pas réellement corriger leur placement.
Alors forcément, dans un jeu qui repose énormément sur la circulation rapide du ballon, c’est légèrement problématique. Les buts s’enchainent parce que le premier qui a le ballon est quasi sûr de pouvoir marquer.
À cela vient s’ajouter le changement de joueur, censé se faire automatiquement. Théoriquement, le jeu doit comprendre quel joueur est le plus pertinent à contrôler. Théoriquement, je dois également mourir vers 86 ans entouré de mes proches. Il existe donc parfois un petit écart entre la théorie et les événements.
Le changement automatique fonctionne mal. Beaucoup trop souvent, je regarde l’action se dérouler en contrôlant un pauvre type situé à trois kilomètres derrière le ballon. J’essaie alors de changer manuellement de joueur et là encore, le jeu semble parfois interpréter ma demande comme une suggestion philosophique plutôt que comme un ordre.
« Pourrais-je contrôler le défenseur qui se trouve juste devant le porteur du ballon ? »
« Non. Mais voici Geoffrey. »
« Geoffrey est derrière le but adverse. »
« Oui. »
« Merci connard. »
Et c’est là que Pro Jank Footy devient terriblement frustrant, parce que je vois le bon jeu juste derrière le mauvais.
Quand mes joueurs sont correctement placés, quand le changement de personnage décide de coopérer avec l’humanité et que je peux enchaîner interception, passe et frappe, tout fonctionne. Le rythme est bon. Les contacts sont marrants. Les actions s’enchaînent et les règles absurdes viennent casser la routine au moment parfait. Pendant quelques secondes, j’entrevois le jeu génial qu’il pourrait être.
Puis mes huit coéquipiers décident simultanément d’aller visiter les extrémités du terrain.
Sur dix actions, j’en ai peut-être une où tout se met correctement en place. Les neuf autres, je lutte moins contre l’équipe adverse que contre l’organisation syndicale de mes propres joueurs, qui semblent avoir négocié contractuellement le droit de ne jamais se trouver là où j’ai besoin d’eux.
Et c’est dommage. Vraiment dommage.
Une fausse borne Neo-Geo nourrie aux bonbons et au mauvais goût
Visuellement, Pro Jank Footy sait parfaitement ce qu’il veut être. On retrouve cette esthétique arcade des années 90, avec des personnages caricaturaux, des couleurs agressives, des animations volontairement excessives et une présentation qui donne parfois l’impression d’avoir découvert une borne Neo Geo interdite à la vente après un accident industriel. Vous pouvez aller chercher du côté de Jaleco Sports: Goal! pour voir un jeu de cette époque.
C’est un peu cradingue. Et c’est exactement ce qu’il fallait. Une ambiance graphique à la NBA The Run, en 3D et plutôt classe aurait complètement tué l’identité du jeu. Ici, tout transpire le mauvais goût soigneusement organisé. Les personnages ont des gueules improbables, les effets visuels arrivent de partout et l’écran peut rapidement devenir aussi lisible qu’un combat de coqs organisé dans une machine à laver.
Mais ça colle parfaitement au délire. On retrouve quelque chose de cette époque Super Sidekicks, Super Soccer ou Soccer Brawl, quand un jeu de sport pouvait avoir une personnalité visuelle immédiatement reconnaissable sans chercher à nous convaincre que chaque goutte de transpiration avait été capturée en photogrammétrie. Pro Jank Footy ne veut pas ressembler à une retransmission télévisée. Il veut ressembler au souvenir déformé d’un jeu d’arcade auquel j’aurais joué en 1994 après avoir mangé trois paquets de bonbons.
Mission accomplie.
Le vacarme joyeux d'un pub australien en pleine bagarre
Même philosophie du côté sonore : ça gueule. Ça gueule beaucoup.
Le public hurle, les commentateurs hurlent, des choses se passent, des bruits surgissent de partout et j’ai régulièrement l’impression d’assister à une rencontre sportive commentée depuis l’intérieur d’un pub australien pendant que quelqu’un se bat avec une chaise dans la pièce d’à côté.
Et ça fonctionne. Dans un autre jeu, ce serait épuisant. Ici, c’est presque une obligation contractuelle.
Avis sur Pro Jank Footy (PC), le verdict du test
Pro Jank Footy avait tout pour être mon nouveau petit jeu de sport arcade débile préféré. Une discipline que je ne comprends pas, des règles absurdes qui s’empilent, des joueurs qui deviennent géants, Super Saiyan ou carrément voitures : sur le papier, c’est parfait.
Le problème, c’est qu’entre deux éclats de rire, il faut quand même jouer au jeu. Et quand mes coéquipiers partent pique-niquer sur les ailes pendant que le changement de joueur décide de me faire contrôler un type à Perth, le chaos cesse d’être drôle pour devenir simplement pénible.
Il reste un jeu bourré d’idées, avec une vraie personnalité et un énorme potentiel entre potes. Mais pour l’instant, Pro Jank Footy ressemble surtout à une excellente blague racontée par quelqu’un qui trébuche avant la chute.
Pour terminer, voici un résumé rapide de ses principaux atouts et de ses défauts.
Les points forts de Pro Jank Footy
- Direction artistique rétro cradingue mais parfaite
- Humour absurde et chaotique
- Plus de 150 règles délirantes
- Très amusant à plusieurs.
Les points faibles de Pro Jank Footy
- IA alliée au fraise
- Système de sélection de joueur catastrophique
- Frustration rapide en solo.
Bande annonce du jeu Pro Jank Footy
Prix et disponibilité en ligne
PC €
PlayStation €
Xbox €FAQ : Tout savoir sur Pro Jank Footy
Quel est le genre de Pro Jank Footy et son classement PEGI ?
Pro Jank Footy est un jeu de type Sport arcade. Il est classé PEGI 7. Contenus sensibles : Violence.
