Test Warhammer 40,000: Boltgun 2 : Une suite explosive qui honore l'Empereur

Résumé Express : Warhammer 40,000: Boltgun 2 (Le verdict en 1 min)
Warhammer 40,000: Boltgun 2 réussit le pari de perfectionner la formule de son prédécesseur sans en dénaturer l'essence retro. En introduisant un second personnage jouable (Nyra Veyrath), des niveaux mieux agencés dotés d'une carte automatique indispensable et un bestiaire enrichi issu des quatre puissances du Chaos, Auroch Digital livre un boomer shooter nerveux, visuellement saisissant et d'une efficacité redoutable. Malgré une répétitivité inhérente au genre et un scénario symbolique, le plaisir de tir immédiat et la bande-son musclée en font un défouloir incontournable pour tous les nostalgiques des FPS des années 90 et les amoureux de l'univers Warhammer.
Sommaire

Il y a eu une époque où un FPS n’avait besoin ni de 150 heures de campagne, ni d’un arbre de compétences à douze branches. Un flingue démesuré, quelques pixels rouges et des ennemis hostiles suffisaient. De Wolfenstein 3D à DOOM, en passant par Heretic, Hexen, Duke Nukem 3D ou Blood, la règle était la même : si ça bouge, on tire. Si ça bouge encore, on change d’arme.
Auroch Digital s’était glissé dans cette lignée avec le premier Warhammer 40.000 Boltgun , en 2023. Le studio remet le couvert avec Boltgun 2, sorti le 14 octobre chez Big Fan Games, label de Devolver Digital. Au programme : plus d’ennemis, plus d’armes, plus de pixels ensanglantés.
L’Empereur protège, mais il apprécie qu’on lui facilite le travail.... découvrez le test de Warhammer 40,000: Boltgun 2.
Plus varié, mieux construit et toujours aussi nerveux, il corrige les principaux défauts du premier épisode sans perdre son identité
Histoire - Au nom de l'Empereur... Hérésie, démons et timbre-poste
« Dans les ténèbres d’un futur lointain, il n’y a que la guerre » La célèbre devise de Warhammer 40,000 résume à elle seule le scénario de Boltgun 2. Les forces du Chaos répandent leur corruption, et quelqu’un doit expliquer aux hérétiques que leur conception de la liberté religieuse pose quelques difficultés administratives.


On retrouve Malum Caedo, vétéran Ultramarine et cathédrale blindée montée sur deux jambes. Il a désormais une alternative : Nyra Veyrath, Sœur de Bataille dont la ferveur n’a d’égale que son goût pour transformer les infidèles en barbecue. Il faut choisir l’un des deux avant de se lancer.

Le fauteur de troubles s’appelle Vashtorr l’Arkifane, un demi-dieu forgeron qui a réveillé une machine démoniaque. Pas question de négocier. Il faut traverser des mondes infestés, venir à bout des serviteurs des quatre grandes puissances du Chaos et purifier tout ce qui n’est pas aux normes de l’Imperium.

Le scénario tient sur un timbre-poste. Un timbre impérial, évidemment, avec un aigle à deux têtes et la mention « Mort aux hérétiques ». Vous l'avez compris, il reste très sommaire : quelques dialogues, des objectifs militaires, un adversaire à abattre. Space Marine 2 prenait le temps de développer Titus et les enjeux de sa croisade, alors que Boltgun 2 laisse parler les armes. Une nouveauté enrichit tout de même la progression : des embranchements permettent de choisir certaines missions et de découvrir d’autres environnements. Ce n’est pas un scénario à choix multiples, mais c’est une bonne raison de relancer une campagne.

Gameplay - Deux Space Marines, un massacre... l'art du gunfight rétro
Boltgun 2 appartient à la famille des boomer shooters, qui regardent les FPS modernes avec perplexité. Se mettre à couvert ? Attendre que sa santé se régénère ? Avancer derrière un équipier ? Ici, on court, on saute, on esquive, on vide ses chargeurs et on ramasse les trousses de soins abandonnées dans les couloirs, comme à l’ancienne.

Malum reste un bulldozer impérial. Bolter, fusil à pompe, armes énergétiques, grenades et épée tronçonneuse composent un arsenal taillé pour régler les différends de voisinage. Sa charge traverse les rangs ennemis avec la finesse d’un porte-avions dans une boutique de porcelaine.


Nyra se joue très différemment. Plus rapide, plus fragile, elle enchaîne glissades, sauts et attaques au corps à corps. J’y ai retrouvé DOOM Eternal plus que le pas pesant d’un Space Marine. Son arsenal, avec ses armes incendiaires et son arbalète Condemnor, lui donne une vraie personnalité. Malum avance comme une machine de siège, Nyra bondit entre les projectiles. Cette différence est l’une des grandes réussites de la suite. Dommage qu’on ne puisse pas changer de personnage en cours de campagne.

Le plaisir vient d’abord des sensations de tir. Chaque arme a son caractère, les impacts sont généreux et les ennemis explosent en pluie de pixels. On retrouve la satisfaction immédiate des meilleurs FPS de l’époque DOS : viser, tirer, entendre l’impact, recommencer. C’est primitif, mais ça fonctionne très bien, clavier-souris ou manette en main.

Le bestiaire a gagné en variété. Les hordes de Khorne, Nurgle, Tzeentch et Slaanesh apportent chacune leurs abominations et leurs contraintes de combat. Games Workshop oblige, certaines créatures ont une morphologie qui laisse penser que Darwin a laissé tomber le dossier.

Les niveaux sont la plus belle amélioration. Le premier Boltgun transformait parfois ses cartes en labyrinthes interminables. Après Starship Troopers: Ultimate Bug War, qui jouait la carte de niveaux plus ouverts, les développeurs d’Auroch Digital ont fait le choix d’une architecture beaucoup plus cadrée et maîtrisée. Cette suite propose ainsi des environnements mieux structurés, plus verticaux et dotés d’une carte automatique bien utile. Les vétérans des années 90 apprécieront : chercher une clé rouge pendant vingt minutes dans des couloirs identiques n’a pas bien vieilli.

Tout n’est pas parfait. À force d’enchaîner les vagues, les combats deviennent répétitifs. Certaines arènes semblent conçues pour nous enfermer avec assez de démons pour vider toutes nos munitions. L’intelligence artificielle reste rudimentaire. Quant aux boss, ils alternent entre affrontements mémorables et sacs à points de vie trop généreux.

Boltgun 2 est donc un excellent défouloir. Il n’a pas la profondeur mécanique de DOOM Eternal, mais il offre du rythme, du répondant et l’envie de relancer une partie pour repeindre un dernier couloir.

Graphismes - Éloge du pixel baveux et cathédrales gothiques
Boltgun 2 assume son héritage. À l’heure des reflets photoréalistes et des textures 8K, Auroch Digital choisit des monstres en sprites 2D et de gros pixels bien baveux, avec un vrai sens du détail et une maîtrise impressionnante du pixel art.

Le résultat évoque Heretic, Duke Nukem 3D ou Alien Breed 3D, avec un parfum des premières expériences en vue subjective sur Amiga. Les anciens se souviennent de ces tentatives courageuses, parfois à la fluidité d’un diaporama. Warhammer 40,000: Boltgun 2 garde l’esthétique, mais y ajoute la vitesse, des effets modernes et des décors bien plus ambitieux.

Le mariage avec Warhammer 40,000 fonctionne à merveille. L’univers de Games Workshop cultive depuis toujours un mauvais goût majestueux : architectures gothiques gigantesques, cathédrales industrielles, crânes décoratifs à tous les étages et armes qui font passer un canon antichar pour un pistolet à eau. Tout est là.

Les installations impériales alternent avec des jungles hostiles, des cités monumentales et des zones corrompues par le Chaos. La variété est nettement supérieure à celle du premier épisode. Dans mon test de Space Hulk: Deathwing, je regrettais que les environnements finissent par se ressembler malgré une direction artistique remarquable. Boltgun 2 évite cet écueil. Space Marine 2 jouait la carte du spectacle et des hordes de Tyranides, Boltgun 2 celle de la démesure architecturale, et le plaisir de la contempler reste intact.

On dirait finalement un FPS sorti d’une disquette maudite de 1995, retrouvée dans les archives d’un Techno-Prêtre de Mars. C’est exactement ce que j’attendais.

Ambiance sonore - Metal indus et rugissement des bolters : La symphonie de la purge
Dans un univers où les vaisseaux ressemblent à des cathédrales volantes, une petite musique d’ambiance au piano aurait été déplacée. Boltgun 2 mise donc sur du metal indus, des percussions martiales et des sonorités mécaniques. Le tout accompagne bien les combats et entretient l’impression de guerre permanente.

Mick Gordon, compositeur de DOOM et DOOM Eternal, signe la musique du combat final contre Vashtorr. Elle a l’agressivité qu’on attend de lui. Le reste de la bande originale n’a pas toujours la même personnalité : certains morceaux font le travail sans laisser de souvenir impérissable.

Les bruitages font beaucoup pour le plaisir de jeu. Les tirs claquent, les explosions grondent, les armes énergétiques crépitent, et les ennemis expriment assez clairement leur désaccord quand leur anatomie se retrouve dispersée sur plusieurs mètres carrés. Malum et Nyra, eux, lancent des provocations en plein combat. Les guerriers de l’Empereur ne se contentent pas de massacrer leurs ennemis, ils tiennent à leur rappeler que leur existence est une insulte. C’est efficace, brutal et en phase avec ce qu’on voit à l’écran.
Avis sur Warhammer 40,000: Boltgun 2 (PC), le verdict du test
Boltgun 2 ne révolutionne rien. Il reprend une formule de plus de trente ans et lui ajoute deux personnages, un arsenal monstrueux, quelques améliorations bienvenues et assez de démons pour faire grimper les statistiques de mortalité de l’Imperium pendant des siècles.
Il le fait très bien. Plus varié, mieux construit et toujours aussi nerveux, il corrige les principaux défauts du premier épisode sans perdre son identité. Je regrette juste la répétitivité, quelques combats confus et une histoire fine comme du papier à cigarette, mais l’essentiel est ailleurs.
Parfois, le bonheur n’exige ni monde ouvert, ni scénario à embranchements complexes, ni simulation physique révolutionnaire. Un gros flingue, une armée de monstres et une rencontre entre les deux toutes les vingt secondes suffisent.
Pour terminer, voici un résumé rapide de ses principaux atouts et de ses défauts.
Les points forts de Warhammer 40,000: Boltgun 2
- Deux personnages jouables vraiment différents
- Sensations de tir exceptionnelles
- Level design et ergonomie repensés
- Direction artistique et Pixel Art somptueux
- Variété du bestiaire
Les points faibles de Warhammer 40,000: Boltgun 2
- Répétitivité sur la durée
- Impossible de changer de personnage en cours de campagne
- Scénario anecdotique
- Intelligence artificielle basique et boss parfois trop "sacs à PV"
- Bande-son inégalement inspirée
Bande annonce du jeu Warhammer 40,000: Boltgun 2
Prix et disponibilité en ligne
PC 24.99€
PlayStation 24.99€
Xbox 24.99€FAQ : Tout savoir sur Warhammer 40,000: Boltgun 2
Quel est le genre de Warhammer 40,000: Boltgun 2 et son classement PEGI ?
Warhammer 40,000: Boltgun 2 est un jeu de type FPS. Il est classé PEGI 18. Contenus sensibles : Violence.
