Test Kusan: City of Wolves : Quand Hotline Miami enfile un blouson de loup cyberpunk

Résumé Express : Kusan: City of Wolves (Le verdict en 1 min)
Kusan: City of Wolves est un die-and-retry en vue du dessus qui ne cache pas sa filiation avec Hotline Miami, tout en y injectant une direction artistique à la Blacksad version cyberpunk asiatique. Armé de votre bras cybernétique (le War Hand), vous devez enchaîner les exécutions ultra-rapides et sanglantes dans des niveaux pensés comme de véritables puzzles d'action.
✨︎ Généré par l'IA à partir du texte rédigé par XLanSommaire

Dès les premières images, la filiation saute aux yeux : vue du dessus, néons, ville malade, animaux armés jusqu’aux dents et personnages ayant manifestement tous pris de très mauvaises décisions... L’ombre de Hotline Miami plane sur chaque ruelle. Le jeu ne cherche d’ailleurs pas à brouiller les pistes. Il préfère enfiler le même blouson, en y ajoutant simplement un bras cybernétique et quelques poils.
Entre polar animalier à la Blacksad, cyberpunk asiatique et hommage particulièrement appuyé à son modèle, Kusan: City of Wolves possède tout ce qu’il faut pour attirer l’œil. Reste à savoir s’il a réellement des crocs, ou s’il se contente de montrer les dents sur la pochette. Découvrez le test de Kusan: City of Wolves sur PC, également disponible sur Xbox Series X|S, Nintendo Switch et PlayStation 5.
Polar noir sous néons et griffes cybernétiques
L'aventure nous plonge à Kusan, une cité portuaire futuriste où la corruption fait partie intégrante du mobilier urbain. On y incarne Jin, un ancien soldat traumatisé devenu homme de main, équipé d'un bras cybernétique particulièrement polyvalent lorsqu'il s'agit d'ouvrir les portes, de bloquer les balles ou de refaire la dentition des locaux.
Sa mission ? Protéger Haru, une jeune fille dont le corps renferme une arme atomique, ce qui s'avère tout de même un poil plus contraignant qu’une allergie au gluten.


Si le scénario ne révolutionne pas le genre en alignant les clichés du vétéran brisé, de l'enfant convoitée, des syndicats du crime et des alliés suspectés de nous planter un couteau dans le dos à la première occasion, l'ensemble reste suffisamment efficace pour donner envie d'en voir le bout.
C'est surtout son ambiance qui séduit, rappelant fortement Blacksad. Pas tant par son époque ou ses dialogues, mais par sa manière de dépeindre un polar noir à travers des animaux anthropomorphes aux comportements profondément humains. Ici, le bestiaire n'est pas là pour faire joli : les traits de chaque espèce permettent de capter instantanément qui est le prédateur, qui est le manipulateur et qui devrait éviter de traîner seul dans un parking.

Les cinématiques, habilement présentées sous forme de cases de bande dessinée, renforcent cette belle cohérence visuelle. Au fond, si Hotline Miami s’apparente à un film de Nicolas Winding Refn (Drive, Bronson) psychédélique et volontairement torturé, Kusan lorgne plutôt du côté d'un John Wick : une violence chorégraphiée, pensée, accessible et sans malaise.

a fureur du War Hand : Mourir pour mieux chorégraphier
C’est évidemment là que Kusan devient particulièrement intéressant. Le principe est d'une simplicité limpide : j’entre dans une pièce bondée d'ennemis et, quelques secondes plus tard, soit ils gisent tous au sol, soit je suis devenu une décoration murale. En général, ces deux scénarios se succèdent à plusieurs reprises avant que je ne comprenne enfin ce que le jeu attend de moi.

À l'instar d'un Hotline Miami, les affrontements sont d'une rapidité extrême et la moindre erreur se paie cash. Mais Kusan ne se contente pas de réciter sa leçon. Il enrichit la formule en y injectant une plus grande mobilité, diverses compétences et surtout le War Hand, le bras cybernétique de Jin.
Entre les tirs, les coups de poing, les lancers de couteau et la possibilité de bloquer ou de renvoyer les projectiles, le jeu me pousse à alterner constamment les approches. Une fois le rythme en main, l'enchaînement des actions s'avère particulièrement grisant.

Le lancer de couteau bénéficie notamment d'un verrouillage automatique qui booste considérablement la vitesse d'exécution : on cible un ennemi, on décoche l'arme et on poursuit sa course sans jamais briser l'élan. C'est fluide, spectaculaire et idéal pour nettoyer le fond d'une pièce.
En contrepartie, ce ciblage automatique apporte une bonne dose d'imprécision. Il m'est arrivé plus d'une fois de viser un opposant pour finalement tirer sur son voisin, ce qui s'avère rarement une riche idée quand le premier tient un fusil braqué sur vous. Le jeu choisit parfois nos cibles avec un aplomb d'acier, même s'il a manifestement mal compris la consigne.
Si ce problème reste anecdotique dans les premières salles, il devient franchement handicapant face à des groupes compacts ou lorsque l'action s'emballe. Dans un titre où la moindre erreur est synonyme de mort immédiate, échouer parce que le ciblage a choisi la mauvaise cible donne parfois envie de verrouiller automatiquement sa manette contre le mur.

L'autre limite majeure vient de la caméra. Très proche de Jin, elle renforce l'intensité de l'action mais nuit gravement à la lisibilité. Si je distingue bien ce qui entoure mon personnage, j'ai une visibilité très réduite sur ce qui m'attend plus loin. Résultat : il m'arrive d'avancer à l'aveugle et de ne repérer un ennemi que lorsque sa balle est déjà en train de remplir les formalités administratives pour entrer dans mon crâne.
Cette proximité excessive force à jouer sur les réflexes et l'anticipation pure. Il faut mémoriser la position des gardes, prévoir leurs trajectoires et agir à l'aveugle, ce qui offre un rythme nerveux mais réduit drastiquement la sensation de contrôle.

Contrairement à Hotline Miami, qui permet d'observer l'ensemble de la zone pour planifier son assaut, Kusan nous plonge constamment dans l'urgence. Ce parti pris rend l'action plus agressive et instinctive, mais aussi beaucoup plus confuse. Quand plusieurs menaces attaquent de front, entre les tirs, les effets visuels, les cadavres et les débris de mobilier, la clarté visuelle prend rapidement un congé sans solde.
Heureusement, les niveaux se révèlent bien construits. Chaque pièce s’apparente à un petit puzzle tactique qu'il faut décoder avant de le traverser avec élégance. On meurt, on recommence, on ajuste son approche et, après quelques tentatives, on parvient enfin à nettoyer la zone en un éclair.

Le système d'évolution apporte une appréciable couche de profondeur. Les capacités se présentent sous forme de modules à imbriquer dans un inventaire limité, façon Tetris. Ce petit casse-tête de préparation fonctionne à merveille et pousse à l'expérimentation.

La variété du bestiaire s'avère elle aussi convaincante. Impossible d'appliquer paresseusement la même méthode en boucle : certains ennemis réclament une élimination prioritaire, d'autres imposent une approche défensive, forçant à réévaluer constamment ses priorités. Quant aux boss, ils bénéficient de véritables mécaniques de combat au lieu d'être de simples sacs à PV ayant avalé cinquante barres de vie au petit-déjeuner.

Exigeant et parfois brutal, le titre n'est pourtant jamais foncièrement injuste. Les réapparitions instantanées désamorcent la frustration et poussent à retenter immédiatement sa chance. Le seul véritable risque réside dans la répétitivité de sa boucle à long terme. Observer, foncer, tuer, mourir, recommencer : la formule est redoutable, mais il faudra que le jeu sache renouveler ses décors et ses situations sur la durée pour tenir le joueur en haleine.
Esthétique Blacksad et lisibilité sur le fil
Visuellement, Kusan affiche une vraie personnalité, même si l’ombre de Hotline Miami plane encore sur une bonne partie de la ville.
Si la vue aérienne, les lumières saturées, les néons et les explosions de violence rendent la filiation évidente, le jeu troque le psychédélisme de son modèle pour une esthétique plus urbaine, plus sombre, proche du roman graphique asiatique.


Ce choix de personnages anthropomorphes fonctionne d'ailleurs à merveille. Ils confèrent immédiatement une identité forte au titre et renforcent ce côté Blacksad cyberpunk. Jin possède une silhouette reconnaissable, son bras mécanique est superbe et les ennemis s'avèrent suffisamment variés pour éviter l'effet « clone de stagiaire criminel qui a simplement changé de veste ».

Les animations se révèlent rapides et les impacts particulièrement lourds : les corps sont projetés, les murs éclatent et le sang recouvre rapidement les décors. C’est violent, certes, mais assez stylisé pour ne jamais basculer dans le glauque.
Le principal point noir reste cependant la lisibilité. Entre la caméra trop proche, les environnements sombres et la profusion d'effets visuels, l'action devient parfois difficile à décrypter. Les différents types d’adversaires, pourtant armés et équipés de compétences bien distinctes, finissent malheureusement par se confondre dans le chaos des affrontements.
Bruits d'impacts et boucles musicales en surchauffe
Là où Hotline Miami proposait une bande-son devenue culte, Kusan: City of Wolves donne plutôt l’impression d’avoir commandé une « ambiance synthé trip-hop bon marché » sur Internet.
On retrouve certes les nappes électroniques, les basses sombres et les sonorités censées installer une tension poisseuse. Si la filiation est évidente sur le papier, elle l'est beaucoup moins dans les oreilles. Le titre enchaîne des boucles musicales si courtes qu'on croirait que le compositeur a quitté le studio avant d'avoir terminé son morceau.

Sur une mission déjà particulièrement stressante, une boucle d’à peine 7 secondes tournait ainsi en continu. À ce niveau-là, ce n’est plus de la musique, c’est une alarme de micro-ondes avec des ambitions artistiques. Après plusieurs morts, j’ai fini par couper le son, une première pour moi depuis bien longtemps. Le jeu venait de débloquer son tout premier succès : me faire préférer le bruit sec de mes propres échecs.

Les bruitages, heureusement, s’en sortent nettement mieux. Les armes claquent, les coups ont du poids et le War Hand produit des impacts assez puissants pour faire oublier, le temps d'un affrontement, que la musique tourne en boucle temporelle.
Un peu moins de mimétisme et un peu plus de personnalité n’auraient pas fait de mal. Après tout, on peut tout à fait rendre hommage à Hotline Miami sans transformer chaque mission en attente téléphonique cyberpunk.

Avis sur Kusan: City of Wolves (PC), le verdict du test
Kusan: City of Wolves ne cache pas sa filiation avec Hotline Miami. Il s'en inspire même tellement que personne ne pourrait sérieusement prétendre le contraire.
Pourtant, le titre ne se contente pas de recopier une formule gagnante. Grâce au War Hand, à une grande mobilité et à un système d’améliorations bien pensé, les combats gagnent en richesse et en spectacle. Le jeu se révèle rapide, violent et exigeant, offrant ce plaisir si particulier de transformer une série de morts lamentables en une exécution parfaitement chorégraphiée.
Au fond, cette aventure s'apparente à un loup magnifiquement dressé : rapide, dangereux et impressionnant lorsque tout s’aligne. Reste qu'en vue d'un prochain épisode, pour devenir pleinement mémorable, l'animal devra apprendre à briser sa laisse pour courir dans sa propre direction.
Pour terminer, voici un résumé rapide de ses principaux atouts et de ses défauts.
Les points forts de Kusan: City of Wolves
- Un gameplay ultra-dynamique et grisant
- Un système d'amélioration façon Tetris très malin
- Des combats de boss de qualité
- Un style visuel "bande dessinée" très réussi.
Les points faibles de Kusan: City of Wolves
- Une caméra trop proche qui nuit à la lisibilité
- Un verrouillage automatique parfois capricieux
- Une bande-son ratée aux boucles musicales exaspérantes.
Bande annonce du jeu Kusan: City of Wolves
Prix et disponibilité en ligne
PC 14.99€
Switch 14.99€
PlayStation 14.99€
Xbox 14.99€FAQ : Tout savoir sur Kusan: City of Wolves
Quel est le genre de Kusan: City of Wolves et son classement PEGI ?
Kusan: City of Wolves est un jeu de type Shoot 'em up. Il est classé PEGI 16. Contenus sensibles : Grossièreté de langage, Violence.
