Test Cloudbreaker : Un bullet heaven céleste entre génie tactique et vraie frustration

Résumé Express : Cloudbreaker (Le verdict en 1 min)
Cloudbreaker revisite la formule populaire du bullet heaven en y ajoutant une mécanique originale d'inventaire Tetris et de gestion d'espace : pour survivre face aux hordes célestes, il ne suffit pas de tirer, il faut agencer intelligemment ses armes et leurs synergies dans son vaisseau. Malgré une direction artistique lisible, un gameplay très addictif et un réel plaisir de construction, le jeu souffre d'une difficulté initiale punitive, d'une progression permanente assez lente et de quelques ralentissements techniques sur Steam Deck. Un titre exigeant et prometteur qui s'adresse principalement aux acharnés du genre.
Sommaire

Des jeux dans lesquels on affronte des milliers d’ennemis à l’écran, il y en a désormais autant que de vidéos de chats sur Internet. Le principe est simple : on avance, on tire, on récupère des améliorations et on recommence jusqu’à ce que l’écran ressemble à un feu d’artifice organisé par quelqu’un qui déteste la rétine humaine.
Et puis il y a Cloudbreaker, développé par le studio canadien Ballast Games, qui a décidé de prendre cette recette, de lui coller des dirigeables et de l’envoyer faire un petit tour dans les nuages.
Sur le papier, c’est un énième bullet heaven, ce genre dans lequel on massacre des hordes d’ennemis en améliorant son personnage au fil de la partie. Sauf qu’ici, on pilote un vaisseau volant dont il faut gérer l’équipement, l’organisation et les synergies entre les armes. On ne se contente donc pas de choisir entre un lance-missiles et un laser : il faut aussi trouver où les installer. Parce que même dans le ciel, l’immobilier est un problème.
Alors, Cloudbreaker est-il une bonne surprise qui renouvelle le genre, ou un simulateur de ferrailleur volant dans lequel on passe plus de temps à bricoler son appareil qu’à survivre ? Découvrez la réponse, avec le test de Cloudbreaker, disponible sur Steam depuis le 15 septembre 206. Accrochez vos ceintures, on décolle. Enfin, si le moteur veut bien démarrer.
Cloudbreaker est un jeu intéressant, avec une vraie idée pour renouveler le bullet heaven...
Histoire - Direction les nuages
L’humanité vit dans des cités flottantes, quelque part au-dessus d’un monde devenu particulièrement hostile. Pour assurer la survie de cette civilisation, il faut descendre dans les profondeurs du ciel à la recherche d’une ressource précieuse : le Bloil Crystal.

Et c’est là que vous entrez en scène, aux commandes de votre fidèle vaisseau, le Tug. Votre mission consiste à plonger dans les différentes zones, récupérer les ressources nécessaires et affronter les créatures qui peuplent ces environnements. Parmi elles, des méduses volantes, des bestioles de plus en plus imposantes et quelques joyeusetés qui semblent avoir été conçues par un comité chargé de vous faire regretter chaque décision de votre vie.

Le scénario reste assez simple. On est davantage dans un prétexte pour justifier les descentes successives que dans une grande fresque narrative où chaque personnage aurait trois traumatismes et un secret de famille.
Mais ce n’est pas vraiment un problème. Cloudbreaker veut surtout nous faire comprendre pourquoi on risque notre carlingue dans ces zones dangereuses. Et franchement, quand votre vaisseau est à deux doigts de se transformer en boîte de conserve, vous n’avez pas forcément le temps de vous demander si le grand méchant a une enfance difficile.

Le véritable récit, finalement, c’est celui de votre progression. Au début, vous êtes un pilote avec un appareil fragile et un armement franchement modeste. Après plusieurs expéditions, vous commencez à débloquer de nouvelles améliorations, à comprendre les ennemis et à construire une machine de guerre capable de tenir plus longtemps. Sauf que dans la vraie vie, quand on échoue quinze fois à un entretien d’embauche, on ne récupère pas des pièces détachées pour améliorer son CV.
Gameplay - Un Tetris armé jusqu'aux dents
C’est ici que Cloudbreaker commence à devenir intéressant. Et c’est également ici qu’il commence à vous rappeler que vous n’êtes probablement pas aussi bon que vous le pensiez.
Le principe du bullet heaven est connu : les ennemis arrivent par vagues, les armes tirent automatiquement et vous récupérez des améliorations au fil de votre progression. Votre travail consiste essentiellement à vous déplacer, à éviter les attaques et à survivre le plus longtemps possible.
Sauf que Cloudbreaker ajoute une dimension de gestion d’équipement qui change sensiblement la formule.

Votre vaisseau dispose d’une grille sur laquelle vous devez installer vos armes et vos différents modules. Lasers, lance-missiles, railguns, tourelles… Les possibilités sont nombreuses, mais chaque élément possède une forme, une orientation et des caractéristiques qui influencent son efficacité.


Et évidemment, tout ne rentre pas partout. C’est un peu comme essayer de ranger les courses d’une famille de six personnes dans un coffre de Twingo : à un moment, il faut faire des choix. Sauf qu’ici, si vous placez mal votre équipement, ce ne sont pas les yaourts qui risquent de finir écrasés, mais votre vaisseau entier.

L’orientation des armes est particulièrement importante. Certaines ne tirent que dans une direction, ce qui vous oblige à réfléchir à leur emplacement et à votre manière de vous déplacer. Vous pouvez concentrer votre puissance de feu devant vous, mais cela implique de surveiller vos arrières. Une stratégie parfaitement valable, jusqu’au moment où une horde d’ennemis décide de vous rappeler que le concept de périphérie existe.
Le jeu propose également des synergies entre les différents équipements. Certains modules améliorent les armes voisines, tandis que d’autres permettent d'augmenter leur efficacité ou de renforcer certaines caractéristiques du vaisseau. On peut aussi combiner des armes de même type et de même rareté pour les faire évoluer.

Résultat : chaque partie devient un petit exercice d'optimisation. Il ne suffit pas de prendre l'amélioration qui affiche le plus gros chiffre. Il faut réfléchir à la manière dont elle s'intègre à votre configuration. Et c'est là que Cloudbreaker se distingue de nombreux autres jeux du genre. On ne choisit pas simplement des bonus en espérant obtenir une combinaison surpuissante. On construit progressivement un véritable appareil de combat, avec ses forces, ses faiblesses et ses petits problèmes d'organisation.
Le souci, c'est que cette liberté reste encadrée par plusieurs contraintes. La place disponible est limitée, certains objets sont difficiles, voire impossibles à déplacer une fois installés, et les améliorations proposées dépendent en partie du hasard.
Vous pouvez donc passer plusieurs minutes à réfléchir à une configuration idéale, pour finalement ne jamais obtenir l'élément qui vous aurait permis de la terminer. C'est le principe du roguelite, certes, mais il y a une différence entre improviser et supplier le jeu de vous donner autre chose qu'un troisième module dont vous n'avez absolument pas besoin.

Un crash-test exigeant... un jeu qui ne vous fait pas de cadeaux
Le véritable problème de Cloudbreaker, c'est sa difficulté. Le début de partie peut être particulièrement brutal. Votre vaisseau possède peu de points de vie, les ennemis infligent des dégâts importants et les possibilités de récupération sont limitées. Même avec quelques améliorations permanentes, on peut rapidement se retrouver à court de solutions.
Les esquives, les accélérations et les téléportations selon les capacités disponibles permettent de sortir de situations délicates, mais il faut apprendre à les utiliser correctement. Le jeu demande une bonne lecture des déplacements ennemis et une capacité à anticiper les dangers.
Le système de surcharge, ou Overcharge, permet également de déclencher une puissante attaque et de récupérer une partie de sa santé en fonction des dégâts infligés. Il faut pour cela éliminer certains ennemis spécifiques afin de charger la jauge. C'est une mécanique intéressante qui récompense l'agressivité, mais elle ne transforme pas pour autant votre vaisseau en ambulance volante.
La progression permanente permet d'améliorer ses statistiques entre les parties, de débloquer de nouveaux équipements et d'accéder à d'autres vaisseaux. Le problème, c'est que cette progression peut sembler lente. On enchaîne parfois les tentatives sans avoir l'impression de devenir suffisamment puissant pour compenser les difficultés rencontrées.
C'est frustrant, car le jeu possède cette qualité dangereuse des bons roguelites : on sait qu'on devrait arrêter, mais on veut quand même relancer une partie. Juste une dernière. Puis une autre. Puis une dernière dernière, celle-ci étant généralement suivie d'une négociation avec soi-même pour savoir si dormir est réellement indispensable.
Le jeu demande donc de la patience. Beaucoup de patience. Et parfois un peu de recul pour accepter que votre défaite ne soit pas forcément due à votre talent de pilote, mais aussi à une progression qui manque de générosité.
Malgré cela, le plaisir de construction reste bien présent. Lorsqu'une configuration fonctionne enfin, que les armes se complètent et que les ennemis commencent à tomber par dizaines, Cloudbreaker devient franchement addictif. Encore faut-il survivre suffisamment longtemps pour en profiter...

Graphismes - Sobriété au service de la lisibilité
Visuellement, Cloudbreaker adopte une direction artistique qui privilégie la lisibilité et l'efficacité à la démonstration technique.
Les environnements célestes donnent une identité particulière au jeu. Les nuages, les différentes zones traversées et les cités flottantes contribuent à installer une ambiance agréable, avec cette impression de plonger toujours plus profondément dans un monde dont on ne connaît pas encore tous les secrets.
Les vaisseaux possèdent un style qui évoque les jeux d'action rétro, avec des formes relativement simples et une présentation qui met l'accent sur les éléments de gameplay. On ne va pas se mentir : ce n'est pas le genre de jeu qui va pousser votre carte graphique à rédiger son testament.

Mais ce choix fonctionne plutôt bien. Quand des dizaines d'ennemis débarquent simultanément, que les lasers traversent l'écran et que les explosions se multiplient, la lisibilité devient essentielle. Des modèles trop détaillés auraient surtout rendu l'action encore plus difficile à suivre.

Les armes bénéficient d'effets visuels suffisamment distincts pour comprendre ce qui se passe, même si certains combats peuvent rapidement devenir assez chargés. Entre les projectiles, les ennemis et les différentes attaques, il arrive que l'écran ressemble à une réunion de famille où tout le monde parle en même temps.

Le principal reproche concerne donc davantage la sobriété générale que la qualité de la réalisation. Les amateurs de graphismes spectaculaires ou de directions artistiques très détaillées risquent de rester sur leur faim.
Ambiance sonore - Du rythme dans les réacteurs
La bande-son de Cloudbreaker ne gagnera probablement pas le Grammy de la meilleure B.O. de l'année, mais elle remplit son contrat : balancer du rythme sans vous faire saigner les oreilles. Les compositions sont accrocheuses bien que rapidement répétitives, servant surtout de carburant sonore pour garder le rythme face aux vagues incessantes.

Quant aux bruitages, ils font dans le très classique mais percutant. Rien de révolutionnaire donc, mais entre le bruit des explosions et les alarmes de collision, la bande-son fait le travail proprement. De toute façon, quand votre carlingue prend feu au milieu d'un feu d'artifice de lasers, la finesse de la composition musicale est bien la dernière de vos préoccupations.
Avis sur Cloudbreaker (PC), le verdict du test
Cloudbreaker renouvelle intelligemment le bullet heaven en transformant la gestion de l'arsenal en un vrai casse-tête stratégique. Assembler son vaisseau et optimiser ses synergies s'avère particulièrement intéressant. Malheureusement, le titre se montre très avare : entre une difficulté initiale corsée, une progression permanente plutôt lente et quelques ralentissements sur Steam Deck, il demande beaucoup au joueur avant d'être généreux.
Un titre malin et accrocheur réservé aux acharnés de roguelites qui n'ont pas peur de recommencer. Pour les autres, mieux vaut attendre quelques patchs d'équilibrage.
Verdict : Un bullet heaven inventif, mais qui se tire parfois une balle dans le pied... c'est dommage, pour un vaisseau armé jusqu'aux dents.
Pour terminer, voici un résumé rapide de ses principaux atouts et de ses défauts.
Les points forts de Cloudbreaker
- Un gameplay addictif
- Des possibilités de personnalisation
- Des synergies intéressantes
- Un vrai défi
- Une progression motivante
- Une direction artistique agréable
Les points faibles de Cloudbreaker
- Une progression assez lente
- Une bande-son répétitive
- Des graphismes relativement simples
- Des problèmes techniques
- Une formule exigeante
Bande annonce du jeu Cloudbreaker
Prix et disponibilité en ligne
PC 13.49€FAQ : Tout savoir sur Cloudbreaker
Quel est le genre de Cloudbreaker et son classement PEGI ?
Cloudbreaker est un jeu de type Action RPG. La classification PEGI est actuellement en attente.
