Test Marathon : Entre tension brutale et direction artistique de génie

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Méthodologie du testLe test du jeu Marathon, développé par Bungie Studios, a été réalisé sur PC à partir d'une version commerciale fournie par l'éditeur.

Résumé Express : Marathon (Le verdict en 1 min)

18/20

Marathon est un nouvel extraction shooter réalisé par Bungie, qui propose une expérience tendue centrée sur le loot et la survie. Le gunplay précis et le rythme plus posé offrent des affrontements lisibles, où chaque décision compte.
La direction artistique, forte et originale, renforce l’immersion sur Tau Ceti IV, tandis que le système de contrats structure les parties. En revanche, la jouabilité du loot et des interfaces reste confuse, et le scénario se fait discret.
Un FPS exigeant et stylisé, qui mise sur la tension et la prise de risque plutôt que sur le spectacle.

✨︎ Généré par l’IA à partir du texte rédigé par XLan

Sommaire

Table des matières

Marathon

Test Marathon : Entre tension brutale et direction artistique de génie

Tau Ceti IV. Une planète vidée de ses habitants, saturée de machines, où chaque structure obéit à une logique qui vous dépasse. Ici, la technologie n’est plus qu’un vestige. Le paysage est froid et géométrique, baigné de lueurs artificielles et peuplé de silhouettes qui n’auraient jamais dû survivre.
Vous n’êtes pas un héros. Juste un coureur de plus, lâché sur ce terrain hostile. Ramassez ce qui peut encore l’être… et espérez en sortir vivant.
Avec Marathon, Bungie, les architectes de Halo et Destiny, revient à ses racines tout en prenant un virage risqué : l’extraction shooter. Édité par Sony Interactive Entertainment, le jeu abandonne la grande fresque héroïque pour une science-fiction sèche et tendue, où chaque décision peut coûter votre équipement… et votre run.

Gunplay chirurgical, tension permanente, direction artistique radicale… Marathon ne cherche pas à plaire à tout le monde. Serez-vous séduit ? Vous le saurez en découvrant le test de Marathon sur PC, disponible également sur PlayStation 5, Xbox Series X|S depuis le 5 mars 2026.

On y retrouve du Halo dans la manière de faire respirer les affrontements, du Destiny dans la précision du gunfeel, et pourtant une radicalité visuelle et structurelle qui lui est propre
  • Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

    Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

  • Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

    Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

  • Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

    Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

L'histoire et l'univers

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Test Marathon : Entre tension brutale et direction artistique de génie

Il faut être clair : Marathon ne cherche pas à séduire par un récit classique. Ce n’est ni un FPS narratif à la Halo Reach, ni une fresque ultra dialoguée à la Destiny. L’histoire existe, le lore est présent, mais volontairement en retrait. Le jeu préfère installer une atmosphère, un cadre, une planète et des factions, laissant le joueur se nourrir de ce contexte au fil des runs plutôt que de l’embarquer dans une grande campagne scénarisée.

L'action se déroule sur Tau Ceti IV
L'action se déroule sur Tau Ceti IV

L’action se déroule sur Tau Ceti IV, un monde futuriste vidé de sa population et envahi par les robots. C’est le décor parfait pour un extraction shooter : dangereux, mystérieux, abandonné, où chaque sortie ressemble moins à une mission héroïque qu’à une opération de récupération sous tension. Le jeu ne vous envoie pas sauver la galaxie, il vous envoie faire vos courses en territoire hostile, avec le risque permanent de tout perdre en un instant. C’est simple dans son principe… et c’est exactement ce qui fonctionne. Marathon met la survie, l’opportunisme et la cupidité au premier plan, plus que l’aventure grandiose.

Marathon reste fidèle à l'héritage des univers imaginés par Bungie
Marathon reste fidèle à l'héritage des univers imaginés par Bungie

Le plus intéressant, c’est que ce Marathon 2026 ne rompt pas complètement avec la vieille trilogie (Marathon, sorti en 1994, suivi de Marathon 2: Durandal en 1995 et Marathon Infinity en 1996). Le jeu s’inscrit dans le lore Bungie, fait de science-fiction étrange, froide et parfois abstraite, tout en évitant le fan service. Il relance la licence avec élégance, en réinterprétant son univers plutôt qu’en le reproduisant.

La progression narrative repose principalement sur les six factions. Leurs contrats et objectifs servent à la fois de moteur de jeu et de support au lore. On ne suit pas une histoire linéaire, mais un ensemble d’intérêts croisés, de logiques de terrain et de luttes d’influence. C’est fragmenté, parfois sec, mais parfaitement cohérent avec la nature de Marathon : ici, tout passe par l’action et les objectifs concrets.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

Le scénario ne domine jamais la partie, mais il donne du poids aux runs. Scanner une zone, déposer un objet rare, extraire une ressource, activer un terminal ou accomplir un contrat… chaque course raconte quelque chose. L’histoire de Marathon agit surtout comme un décor tendu et stylisé, une toile de fond qui soutient la tension et l’immersion. Ceux qui attendent une épopée scénarisée risquent d’être déçus, mais les amateurs de SF à la Bungie, riche en mystère, factions et jargon techno, auront de quoi s’accrocher.

Quinze minutes jusqu'à la perte du signal
Quinze minutes jusqu'à la perte du signal

Le gameplay

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C’est évidemment dans le gameplay que Marathon déploie toute sa force. Le cœur du jeu repose sur une formule désormais bien identifiée : entrer sur une carte, remplir des objectifs, récupérer du matériel, puis réussir à s’extraire vivant. Sur le papier, le principe est connu. Dans les faits, Bungie y injecte sa science du FPS, et surtout une lecture très particulière du rythme, du risque et de la tension.

Marécage trouble
Marécage trouble

Dans les faits, Bungie y injecte son savoir-faire du FPS, et surtout une lecture très particulière du rythme, du risque et de la tension, prenant le partie pris de placer le joueur d'extract shooter dans une ambiance diamétralement opposé à ce que propose Hunt Showdown.

Personnaliser votre personnage
Personnaliser votre personnage

Dans Marathon, vous êtes lâché sur l’une des quatre cartes du jeu, à un point de départ aléatoire, en escouade de trois personnages. Votre objectif est de parcourir la zone pour accomplir des contrats (comme détruire des antennes ou éliminer des ennemis), ce qui vous permet de gagner de l’expérience et de progresser, tout en récupérant de l’équipement sur le terrain. La carte est occupée par différents dangers : des bots, des forces de l’UESC, des robots, mais aussi d’autres escouades de joueurs. Après un certain temps, des points d’évacuation apparaissent : vous devez les rejoindre et les activer pour quitter la zone avec votre butin. Si vous réussissez, vous conservez votre équipement ; en revanche, si vous mourez, vous gardez uniquement l’expérience acquise pendant la partie, mais perdez tout le loot récupéré.

Un pistolet
Un pistolet
Un fusil d'assaut
Un fusil d'assaut

Dès les premières minutes, ce qui frappe, c’est le gamefeel immédiat. Bungie sait depuis longtemps faire parler une arme, et Marathon le rappelle très vite. L’impact des tirs est lisible, le recul donne du poids aux armes, et les sensations de décharge ne tombent jamais dans le mollasson. On sent la matière. On sent la mécanique. Même sans en faire des tonnes dans les effets, le jeu trouve ce point d’équilibre très Bungie entre précision, nervosité mesurée et lisibilité parfaite du tir. On retrouve cette vieille science maison qui faisait déjà des merveilles dans Halo et Destiny : une arme sert à produire une sensation.

Et puis il y a ces effets de lumière discrets, très malins, qui permettent de comprendre presque instinctivement si l’on a été repéré ou non. C’est typiquement le genre de détail que l’on ne remarque pas toujours immédiatement, mais qui change énormément la qualité du ressenti. Le jeu communique en permanence avec le joueur sans noyer l’écran sous l’interface. C’est propre, élégant, efficace. On comprend vite qu’ici, l’information de combat est capitale.

Très rapidement, l’urgence s’impose. La mort n’est jamais loin. Marathon n’est pas un FPS où l’on entre dans un couloir en se disant qu’on va nettoyer la pièce, recharger derrière une caisse et repartir comme si de rien n’était. Ici, chaque engagement fait peser un risque réel. D’abord parce que les ennemis peuvent être dangereux. Ensuite parce qu’un affrontement attire l’attention. Enfin parce que la vraie punition, ce n’est pas seulement de mourir : c’est de perdre ce que l’on transporte.

C’est là que Marathon trouve sa meilleure source de tension : la peur de perdre son loot. Avant de partir, il faut préparer son équipement. Soit vous prenez un équipement gratuit, donc peu efficace et avec une faible capacité de stockage, soit vous vous équipez avec de bonnes armes, des améliorations, un sac pour contenir un maximum de loot et des fumigènes. Et quand on part avec de l’équipement solide, qu’on sécurise un bon fusil, quelques ressources rares, des implants intéressants ou du matériel de valeur, on ne joue plus de la même manière. On devient prudent. On vérifie les angles. On réfléchit avant d’ouvrir le feu. On n’a plus envie de prendre des risques inutiles juste pour un duel de plus. Toute la psychologie du joueur change.

Le jeu n’a même pas besoin d’être surpeuplé en ennemis humains pour créer de la pression : il suffit de rappeler en permanence que tout ce que vous avez sur vous peut disparaître en trente secondes de panique mal gérée. Et il faut le rappeler : le loot perdu disparaît définitivement. Pour le racheter dans l’armurerie, il faut dépenser de précieuses ressources acquises pendant les parties. Gérez mal vos ressources et vous finirez par jouer uniquement avec le paquetage de base, faible et désavantageux.

Le coffre
Le coffre

Cette logique est renforcée par un choix très sain : l’expérience vient surtout des contrats, pas des frags. Tuer n’est pas la finalité. Ce n’est ni un deathmatch déguisé, ni un battle royale qui s’ignore. Les runs sont structurées par des objectifs. Scanner une zone spécifique, saboter une antenne, atteindre un point précis, extraire une ressource, tuer un certain nombre d’ennemis des UESC : ce sont ces tâches qui donnent sa vraie direction à la partie.

L'armurerie
L'armurerie

Du coup, lancer un combat n’est pas toujours souhaitable. Parfois, c’est même une mauvaise idée. Il faut se demander : est-ce que cet affrontement sert ma run ? Est-ce qu’il me rapproche de mon contrat ? Est-ce qu’il vaut le risque de me faire repérer, d’user mes ressources, de tomber au sol et de tout perdre ? C’est un jeu qui pousse constamment à arbitrer, et c’est une très bonne chose.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

Les ennemis, justement, ne sont pas là pour meubler la carte. Ils patrouillent, occupent l’espace, forcent à observer avant d’agir. Le jeu crée ainsi un très bon équilibre entre infiltration, opportunisme et violence. On peut contourner, patienter, temporiser, ou au contraire prendre l’initiative si l’objectif l’exige. Le simple fait que la bagarre ne soit pas systématiquement la meilleure option donne au titre une vraie personnalité.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

Il y a aussi une couche de lecture intéressante dans la manière dont les contrats des coéquipiers sont connus et permettent d’anticiper le déroulement d’une run. Si l’on comprend que nos coéquipiers ont des objectifs impliquant d’éliminer certains ennemis, qu’il s’agisse de coureurs hostiles ou de forces UESC, on sait immédiatement que la carte risque de devenir plus bruyante, plus agressive, plus instable. Cette dimension tactique donne du relief à chaque sortie.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

Le level design est remarquablement pensé. Il n’est pas organique comme dans un RPG, où le monde semble exister indépendamment du joueur. Ici, tout est construit pour nourrir le gameplay. Couvertures, hauteurs, passages, échappatoires, lignes de fuite, zones d’embuscade : chaque élément est placé pour rendre les affrontements et l’infiltration plus nerveux, plus lisibles, plus verticaux. On se sent davantage dans une carte multijoueur très travaillée que dans un environnement naturel au sens simulationniste. Et c’est assumé. Marathon ne cherche pas à imiter la réalité, il propose un terrain de jeu pensé pour la confrontation.

J’aime aussi beaucoup sa lenteur relative, qui rappelle certaines sensations de Halo. C’est un choix à contre-courant. Aujourd’hui, beaucoup de FPS cherchent à aller toujours plus vite, parfois jusqu’à l’excès. Marathon prend la direction opposée. La gestion de la chaleur, qui finit par empêcher de courir, impose une vraie économie du mouvement. On ne peut pas agir sans réfléchir. Il faut gérer son placement, son exposition, son tempo.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

Paradoxalement, cela rend les affrontements plus crédibles, plus pesants, presque plus réalistes que dans de nombreux FPS modernes qui confondent vitesse et intensité. Évidemment, ce choix divisera. Déjà à l’époque de Halo, cette approche faisait débat. Mais c’est une école du FPS qui privilégie le contrôle plutôt que le spectacle.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

La tension vient aussi de la dépendance à l’équipe. Quand on tombe au sol, seuls les coéquipiers peuvent vous relever. Cela change immédiatement la lecture des engagements. Tirer trop tôt ou trop loin peut révéler votre position sans garantir une élimination. Il faut penser non seulement à soi, mais aussi à la capacité du groupe à suivre, sécuriser et tenir la position. Jouer avec des amis plutôt qu’avec des inconnus devient un vrai avantage.

Du côté des coureurs, Marathon propose une galerie de profils bien identifiés, chacun imposant une manière de jouer marquée. L’Éclaireur excelle dans la lecture du terrain, l’Urgentiste soutient le groupe, l’Assassin et le Voleur privilégient la furtivité, le Vandale mise sur la mobilité, et le Destructeur sur la puissance de feu. Chaque rôle structure réellement la manière d’aborder une run.

Eclaireur
Eclaireur
Destructeur
Destructeur

Le cas de Rook est particulièrement intéressant. Pensé pour les débutants, jouable en solo et pré-équipé, il agit comme un mode d’apprentissage déguisé. Il permet de faire des runs opportunistes avec un risque réduit. Il arrive dans des cartes déjà entamées, souvent nettoyées ou vidées par d’autres joueurs. À vous de récupérer ce que vous pouvez… et de fuir. Mais en solo, à la moindre erreur, personne ne viendra vous relever. Tout sera perdu.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

Là où le tableau se fissure, c’est du côté de l’ergonomie du loot et des interfaces. C’est opaque, peu lisible, parfois frustrant. Les icônes se ressemblent, les catégories sont mal distinguées, et la lecture de l’inventaire manque de clarté. Fouiller un cadavre ou une caisse devrait être rapide et efficace. Ici, cela peut devenir laborieux. On perd du temps à comprendre ce que l’on regarde. Dans un extraction shooter, c’est un vrai problème, car la lisibilité du loot fait partie du rythme.

Enfin, les saisons et le système de wipe remettent les compteurs à zéro tous les trois mois. Sur le papier, cela favorise le renouvellement. En pratique, cela peut frustrer les joueurs attachés à leur progression et à leur équipement. C’est un équilibre délicat pour un jeu-service, qui peut autant renforcer l’intérêt que le fragiliser.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

Graphismes et direction artistique

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La première chose à dire sur Marathon, c’est que sa direction artistique a du culot. Un vrai culot. Dans un marché où les FPS tombent souvent dans le militaire sale, le sombre pseudo-réaliste, le gris-brun fonctionnel ou le post-apo interchangeable, Bungie propose quelque chose de radical, immédiatement identifiable, qui refuse la neutralité. Rien que pour ça, le jeu mérite le respect.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

Cette DA est épurée, très cyber, archétypale, et pourtant totalement originale. Elle est lisible, presque iconique : silhouettes, couleurs, matières et interfaces sont composées avec précision. Le jeu ne cherche pas à saturer le regard ; il impose au contraire une sobriété visuelle, un design tendu, une science-fiction graphique nette et affirmée, parfois presque brutale dans son minimalisme.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

Chaque élément semble pensé avec intention : armes, viseurs, armures, gadgets, objets, modules… tout paraît unique. Ici, pas de catalogue générique de fusils futuristes recouverts de néons. Chaque objet a sa forme, son usage, sa proportion et son caractère propres. Le chara design et l’object design sont radicaux, presque programmatique. Bungie a toujours su créer des visuels forts, mais ici, le studio pousse cette logique encore plus loin.

L'ombre de Halo plane sur Marathon
L'ombre de Halo plane sur Marathon

Bien sûr, l’ombre de Halo plane sur Marathon. On retrouve la signature Bungie : une SF lisible, massive, géométrique, où les armes et les personnages ont une présence immédiatement reconnaissable. Mais Marathon va plus loin, ou ailleurs. Là où Halo mélangeait lisibilité militaire, iconographie alien et monumentalité sacrée, Marathon opte pour une approche plus sèche, plus design, parfois abstraite, presque conceptuelle. La parenté est claire, mais la sophistication et le stylisme sont supérieurs.

Les environnements sont particulièrement marquants. Ils mêlent délabrement, nature et technologie, rappelant parfois Simon Stålenhag. Le monde semble à la fois familier et étranger, rétro et futuriste. Les espaces paraissent domestiques ou industriels, contaminés par des structures gigantesques et des machines cyclopéennes. Cette cohabitation du banal et de l’impossible, du proche et de l’étranger, du quotidien et du sublime technologique, donne à Marathon sa forte identité visuelle.

Et franchement, cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti un vrai “waou” devant un univers de shooter. Pas seulement devant une belle texture ou un coucher de soleil scripté, mais devant un univers entier. La dernière fois, c’était avec Halo, quand Bungie faisait marcher dans quelque chose de familier mais irréel, tangible mais mythique. Marathon retrouve cette magie.

Le jeu ne cherche pas la prouesse technique, mais atteint une qualité esthétique remarquable. Les effets de lumière, les nuances colorées en intérieur, les ambiances météorologiques renforcent l’immersion. Les intérieurs, en particulier, gagnent en profondeur grâce aux variations lumineuses, et certaines zones dégagent une vraie présence plastique. Tout n’est pas parfait : l’eau est parfois peu convaincante, certains bâtiments se ressemblent. Mais malgré ces limites, la direction artistique reste assez forte pour porter l’ensemble.

Mieux encore, cette esthétique sert le gameplay. La lisibilité des silhouettes, l’identité des armes, le contraste des espaces, et la manière dont couleur et lumière structurent les zones participent directement à la tension et à la compréhension du terrain. L’univers visuel n’est pas là pour impressionner seulement ; il fonctionne au service du jeu.

Ambiance sonore : OST et effets du jeu

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Dans un jeu comme Marathon, la bande-son n’a pas besoin d’être envahissante pour être déterminante. Elle soutient l’angoisse, guide la lecture du danger et renforce la sensation d’exposition permanente. C’est exactement ce qu’exige un extraction shooter.
Dans Marathon, tout semble pensé pour accentuer la montée du stress et l’incertitude. Le joueur se demande à chaque instant s’il doit ouvrir le feu, fuir, contourner ou tenter l’extraction. Les sons d’environnement, les alertes, les variations discrètes de l’ambiance et le retour des armes jouent un rôle crucial dans cette tension permanente.

Gameplay du jeu Marathon (Bungie)
Gameplay du jeu Marathon (Bungie)

Bungie, qui possède depuis longtemps une vraie culture du sound design d’armes, applique ici la même rigueur. Chaque tir est lisible, chaque arme a sa personnalité sonore. Le son soutient l’impact du gunplay et contribue à donner aux affrontements toute leur présence et leur intensité.

La bande-son participe également à la sensation de solitude sous pression. Le silence relatif, les bruits lointains, les indices audio signalant un danger ou une activité humaine, tout contribue à créer une atmosphère à la fois sombre et sobre, forte et élégante. Ici, la musique et les effets sonores ne se contentent pas d’habiller l’action : ils structurent le ressenti du joueur et renforcent l’expérience de tension permanente que Marathon souhaite transmettre.

ConclusionAvis sur Marathon (PC), le verdict du test

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Marathon est un retour extrêmement audacieux pour Bungie. Pas simplement parce qu’il ressuscite une vieille licence, mais parce qu’il refuse la solution de facilité. Le studio aurait pu miser sur la nostalgie, recréer une campagne solo, flatter les anciens fans. Au lieu de cela, il emmène Marathon dans le territoire risqué de l’extraction shooter, avec une identité visuelle forte, un gunplay immédiatement séduisant, une tension autour du loot très bien pensée, un vrai sens du placement et un rythme plus lent, plus pesant, presque old school dans le bon sens du terme.

Tout n’est pas parfait. L’ergonomie du loot est parfois pénible, certains environnements manquent de vie, le système de wipe saisonnier pourra frustrer certains joueurs et le scénario restera pour beaucoup un simple arrière-plan. Mais en termes de sensations, de style, de lecture du combat et de proposition de science-fiction, Marathon possède ce que beaucoup de shooters modernes ont perdu : une vraie personnalité.

On y retrouve du Halo dans la manière de faire respirer les affrontements, du Destiny dans la précision du gunfeel, et pourtant une radicalité visuelle et structurelle qui lui est propre. Ce n’est pas un jeu consensuel, et tant mieux. C’est un titre qui sait ce qu’il veut être, quitte à frustrer une partie du public. Dans le paysage actuel du FPS, cette assurance est rare et précieuse.

En résumé

Pour terminer, voici un résumé rapide de ses principaux atouts et de ses défauts.

Les points forts Les points forts de Marathon

  • Direction artistique audacieuse et originale
  • Gunplay et sensation de tir
  • Tension et rythme
  • Level design efficace
  • Approche tactique et coopérative
  • Scénario et lore en retrait mais cohérent
  • Ambiance sonore immersive
  • Sens du placement et rythme old-school
  • Progression et rejouabilité

Les points faibles Les points faibles de Marathon

  • Ergonomie et interface du loot
  • Quelques répétitions dans les environnements
  • Système de wipe saisonnier
  • Scénario en arrière-plan
  • Certaines limites techniques

Bande annonce du jeu Marathon

Prix et disponibilité en ligne

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FAQ : Tout savoir sur Marathon

Quel est le genre de Marathon et son classement PEGI ?

Marathon est un jeu de type Extraction Shooter. Il est classé PEGI 16. Contenus sensibles : Violence, Achat in-game.