Master class avec Marjane Satrapi pour The Voices

Par , publié le 17 Mars 2015 à 15:23. Dernière modification le 17 Mars 2015 à 20:44

Master class avec Marjane Satrapi pour The Voices

Master class avec Marjane Satrapi pour The Voices

Suite à la projection en avant première de The Voices au Mk2 Grand Palais, nous avons eu la chance de participer à un master class avec Marjane Satrapi, la réalisatrice du film qui était accompagnée de Stéphane Roche, le monteur du film. Obsédée par les serials killers qui la terrorisent, Marjane Satrapi nous parle de la genèse de sa ficton psychotique, tournée en 33 jours avec un budget de 9 millions d'euros et nous dévoile quelques secrets de tournage.  Extraits :

"Le pire ennemi de Jerry, c'est lui-même!"

Le casting de The Voices

"Pour le choix des acteurs, le choix n’était pas fait dès le début…. Le casting ne m'a pas été imposé et j'ai eu les acteurs que je voulais. On a en premier un scénario qu’il faut rendre faisable. Et si on a déjà un acteur en tête, on risque d’avoir toujours cet acteur en tête et de modifier le scénario en conséquence. De ce fait, le scénariste a pu travailler tranquillement. Et qu’est ce qui se passe si l’acteur vous lâche ?

Le choix de Ryan Reynolds n’était pas évident… quand on pense Ryan Reynolds, on ne pense pas à serial killer… on pense à Green Lantern. Or c’est Ryan Reynolds qui a voulu faire le film dès qu’il a eu vent du projet. Et vu la médiocrité du film Green Lantern, Ryan Reynolds s’en est très bien sorti.

Ryan Reynolds a eu exactement la même vision que moi lors du tournage et en plus, il avait le physique de l’emploi. Il peut avoir un visage très inquiétant et d’un autre côté un sourire juvénile et en enfant dont on a envie de tout pardonner sans confession.

Un mec qui tue des femmes est en pervers sexuel…. Donc si vous pensez ça dans le film… bye-bye l’empathie. Il fallait que le personne Jerry Hickfang ai aucune sexualité. Jerry a eu un choc émotionnel jeune dans sa vie, il reste bloqué à l’âge de 11 ans avec le corps d’un homme de 30 ans mais émotionnellement il a 11.

Au niveau des autres rôles, le second personnage, le plus important c’est la psy Dr. Warren jouée par Jacki Weaver et  non les différentes filles qu’il rencontre. La brune pulpeuse Fioan joué par Gemma Arterton, la blonde plus discrète Lisa joué par Anna Kendrick et Alisson, la fille ronde jouée par Ella Smith. A l’origine du scénario, la psy avait 35 ans mais il fallait rendre crédible les visites. C’est pour cela que la psy est plus âgée... Généralement les femmes d’un certain âge, les femmes ont trois rôles : la femme trompé, la mère courage ou la grand-mère gâteau."

Choix esthétique

"Chaque film a besoin d’un traitement particulier. Dans The Voices, une charte de couleur a été choisie comme l’avait été  ces précédents films comme Poulet aux Prunes et Persepolis. Au départ  j'ai fait des études de physique et je suis peintre et j'aime bien quand les films ont une identité de couleur. Parfaitement symétrie dans ces scènes.  Je fais confiance à mes équipes où tous ont eu un rôle important à jouer : chef opérateur, monteur en scène, etc. Une idée de base et tout le monde participe grâce à leur connaissance. Dans la logique, le film est écrit 3 fois. Le scénariste, le réalisateur et le monteur et sans symbiose."

Des choses malheureusement pendant la réalisation peut s’avérer de très bon choix

La musique du film

"Composé par Olivier Bernet avec qui je travaille depuis Persepolis. La musique reste en arrière plan tout au long. Ce n’est pas la musique qui dicte les émotions. Mais elle accompagne les scènes. Le film se termine sur la chanson « Sing a Happy Song » mais la musique qui j'avais choisi à l’origine appartient à la famille Jacksion qui demandait 1 million de dollar ! Soit 10% du budget du film. Ce n’était pas possible pour 3 minutes de films. Et finalement la musique colle très bien au film… Des choses malheureusement pendant la réalisation peut s’avérer de très bon choix."

Conception

"Toutes les scènes difficiles avec des effets spéciaux ou avec les animaux ont été réalisée en amant avec le storyboard en animatique qui donne une base et qui permet de déceler les problèmes car on ne peut pas pendant le tournage  perdre du temps. Le chat par exemple était joué en direct par moi même qui dans ma tête était Joe Pecci avec sa petite voix haut perchée. Mais pour les producteurs américains voulaient absolument des voix connues pour faire bien sur l’affiche. Et c’est Ryan Reynolds qui a suggéré que la voix du chat devait être écossaise.

Le scénario se passe en Amérique et beaucoup de scénario américain de serial killer sont basé sur des faits réels. Le scénario de film est original mais Michael R. Perry a peut-être pu s’inspirer d’un fait dans le campus de sa sœur : un jeu garçon avait tué toute sa famille et avait continué à aller à l’école comme si de rien n’était.

Les meurtres était parfaitement écrit dans le scénario. avec du hors champs pour réaliser du gore pudique, réaliste, précis, tout en mélangeant des scènes comiques."

Les animaux

"On peut dire que le chat est méchant et le chien est gentil mais on peut également dire que le chat est honnête et le chien est peu con. Le chat a un super sens de l’humour et le chien est rabat-joie. Le chien devait être un labrador. Lors du tournage, le chien a été docile voir un peu trop docile. Il avait une érection lorsqu’on le carraissait ce qui pouvait poser problème lors du tournage. Ce qui n’est pas le cas du chat qui avait l’air de dire « va te faire foutre » à toutes les demandes. Du Lexomil pour le chat ? J'y ai pensé mais les américains ont dit non ! Le soir, le chat tournait séparément. Après quelques jours de tournage, le chat s’est senti à l’aise dans les studios et il est resté tranquille."

Les effets spéciaux

"Aucune scène n’a été tournée en fond  vert qui par expérience, ennui toute l’équipe. C’est pour cela que pour certaine scène, la même place a été tournée plusieurs fois, c'est le double passe avec un collage à l’ancienne. On a commencé à travailler sur les rush dès le second jour de tournage. Le chat était ingérable et pour gagne du temps il fallait retourner la scène le soir en équipe réduite avec des caméras bloquée. Le chat était plus à l’aise en haut du frio que sur le canapé... on s'est bien marré pendant le tournage."

La version du réalisateur

"J"ai eu le final cut... enfin je l'ai eu officieusement. J'ai eu le film que je voulais. Mais il fallait se justifier à chaque fois… ce qui est très ennuyeux. Mais en se justifiant, on se pose des questions ce qui ouvre le dialogue avec l’ensemble de ses collaborateurs."

La différence entre films américains et films français

"Un mauvais film américain et toujours meilleur qu’un mauvais film français. Pour une raison. Les américains ont une pensé cinématographique chirurgical rythmé sur 3 actes où chaque scène a son importance jusqu’au déroulement final qui est particulièrement soigné et généralement pensé dès le début de l’écriture du scénario. ce qui évite de se faire chier dans la première heure du film.

En France, les scénarios ne sont pas assez travaillé, non pas parce qu’ils sont mauvais ou paresseux mais tout simplement parce qu’ils sont mal rémunéré. Le métier de dialoguiste n’existe plus (Michel Audiard, Jacques Prévert). Quand je reçois un scénario français, c’est la version 3. Quand je reçois un scénario américain, c’est la version 19. Aux USA, le scénariste est très plébiscité. D'ailleurs le meilleur compliment qu'on peut faire à  Tarentino c'est « Vous êtes un meilleur scénariste que meilleur réalisateur »

Un film sans bon scénario ne peut pas être un bon film. Avec un bon scenario on peut faire un mauvais film. Mais l’inverse n’est pas vrai."

L'humour dans le film

"Humour très important est très bien utilisé. Dans le monde, les gens pleures pour la même raison mais ne rigole pas pour les mêmes raisons.  Ce n’est pas un film social"

Le prochain film de Marjane Satrapi


"J'aimerai faire une comédie musical... ou un vrai film d’action. Ou alors un film de super héro... avec une femme alcoolique et désœuvrée."

  • Marjane Satrapi pour The Voices

  • Stéphane Roche et Marjane Satrapi

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